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Écrit par
Guillaume

Test de l’HiFiMAN HM 801

Vendredi 21 mai 2010 à 16:53 | Dans la catégorie Non classé

 

Introduction : Objet de tous les fantasmes audiophiles nomades, le HM801 du constructeur Chinois HiFiMAN a de quoi faire rire le profane. Car extérieurement l’objet vient d’un autre âge, d’une époque où les MP3 de 20GO étaient des mastodontes plus volumineux encore que les lecteurs CD. Le son reste donc le dernier espoir et de toute façon la seule prétention initiale du HM801. Battre les meilleurs baladeurs serait un minimum, défier les vraies configurations sédentaires une réussite.

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HiFiMAN HM801

Objet de tous les fantasmes audiophiles nomades, le HM801 du constructeur Chinois HiFiMAN a de quoi faire rire le profane. Car extérieurement l’objet vient d’un autre âge, d’une époque où les MP3 de 20GO étaient des mastodontes plus volumineux encore que les lecteurs CD.

La raison de cet anachronisme apparent est simple, ce baladeur/carte son ne se contente pas seulement d’améliorer un système portable déjà existant, il se base en grande partie sur des composants de salon.

Il en résulte un DAC théoriquement à des années lumières de ce qui se fait, même sur les meilleurs baladeurs, et d’une partie amplificatrice démesurée par rapport à ses homologues nomades. Ajoutons à cela la fonction non négligeable de DAC externe, c’est-à-dire de carte son, et ce baladeur semble tout de suite plus attractif que son aspect ne le laisse penser.

Réfrénons nos ardeurs car les éloges s’arrêtent là. Il ne faudra en effet compter sur aucune fonction annexe, aucune mémoire interne, une interface faite avec les moyens du bord, une autonomie annoncée plus que faible et un prix délirant pour un appareil nomade.Le son reste donc le dernier espoir et de toute façon la seule prétention initiale du HM801. Battre les meilleurs baladeurs serait un minimum, défier les vraies configurations sédentaires une réussite.

 

Caractéristiques

 

  • Dimensions : 114 mm X 78mm X 25.5mm
  • Poids : 270g
  • Formats audio :
    • mp3
    • Wma
    • Ogg
    • Wma lossless
    • Flac
    • APE
    • WAV
  • Performances :
    • Autonomie annoncée  : 8 heures
    • DAC Burr-Brown PCM1704U
    • Op-Amp: OPA627
  • Connecteurs :
    • Casque : prise jack stéréo 3.5mm
    • Ligne : jack stéréo 3.5mm
    • Ordinateur : Usb2, raccordement par la prise jack
    • Secteur
    • Coaxial
    • usb en DAC
  • Source d’alimentation :
    • Batterie : Lithium-ion
    • Secteur : Chargeur 18V

Liens utiles :

 

Un seul regret pour ma part dans les différentes entrées/sorties, l’absence de prise optique, particulièrement pour l’utilisation avec une console next gen. Arrêtons-nous sur les différents composants.

 

Tout d’abord le DAC PCM1704U, cette référence barbare semble se noyer un peu dans la masse des DAC existants, mais ce modèle est tout simplement une référence dans le domaine. Pas vraiment récent, il reste un modèle utilisé dans les excellentes platines CD, ce n’est ainsi pas un simple DAC, même pour des produits de salon, le prix annoncé n’est déjà en un sens plus si extravagant que cela.

 

Difficile de fabriquer une excellente partie amplificatrice dans si peu de place, mais quand on connait les résultats d’un simple CMOY, cet OPA627 est, en théorie encore une fois, une valeur sûre.

 

Nous reviendrons plus en détail sur le prochain point, mais celui-ci a le mérite de créer la polémique : la réponse en fréquence. Mesurée sur ABI, elle montre une lacune assez marquée passé les 10 Khz. Cette réponse en fréquence mesurée serait donc à peine de 20-10KHz dans le spectre audio. Certes ce site est un peu l’antithèse de headfi et a tendance au vu du topic qui s’en suit à ne faire confiance qu’aux graphiques, mais il n’en reste pas moins que si cette lacune est réellement audible ce serait alors grave.

 

Déballage

 

 

Le HM801 est un baladeur atypique, on attend bien sur que son package le soit. Et effectivement, on sent parfaitement ici la patte du constructeur, jonglant entre sérieux au niveau de la quantité et approximations diverses.

 

La boite tout d’abord se démarque, extrêmement imposante, surtout quand la mode est à la réduction significative des packages. Pas spécialement de bonne qualité bien que de structure boisée (l’utilisation de bois précieux m’aurait étonné), cette boite est entièrement recouverte d’une sorte de simili-cuir pouvant faire illusion de loin. Cette impression est confortée avec l’utilisation du petit système d’ouverture en laiton, on est alors dans le « presque luxueux ». On ne se plaindra pas complètement quand on connait les boites à pizza Grado ou la non moins cartonnée pochette de l’Ultrasone edition 8.

 

 

Petit grincement à l’ouverture, mais venant heureusement d’un des plaquages de simili cuir et non des charnières. Le face à face avec le baladeur est immédiat, celui-ci se trouvant dans une des deux grandes encoches de la boite.

L’intérieur de celle-ci est en grande partie habité par une mousse extrêmement dense et peut être divisé en deux parties :

 

Partie de gauche le baladeur, bien au chaud dans une encoche et surtout dans un petit emballage plastifié, un joujou à 800$ qui prend la poussière ce serait… dommage. La surprise n’est pas finie, cette encoche en cache une deuxième, légèrement plus petite (dont les bords soutiennent le baladeur) dévoilant une petite housse de transport et d’une lingette.

 

Petit regret concernant la housse justement, car celle-ci sera uniquement là pour protéger le baladeur contre la poussière ou les miettes. L’absence de housse vraiment rigide ou tout du moins semi-rigide risque de laisser du monde à la merci du do it yourself.

 

La partie droite est un peu plus fournie et elle aussi possède sa propre encoche. Par contre, pas de second baladeur ou petite surprise, c’est un énorme (tout est relatif) transformateur qui a élu domicile. Encore une chose peu courante que cet adaptateur? Effectivement, mais il est pour le coup indispensable à la recharge du baladeur, qui, nous y reviendrons est appuyé par une batterie de 18V.

 

Outre son poids supérieur au baladeur, ce transformateur a une particularité, ou plutôt deux pour nous Européens. Cette dernière n’est pas très difficile à deviner, la connexion sur la prise électrique est au format US, il faudra donc se munir d’un adaptateur, heureusement très peu onéreux et facile à trouver. Pas de panique par contre pour le voltage, HiFiMAN ne s’est pas tiré une balle dans le pied en ne proposant que du 110V en entrée. Le premier point n’est lui pas un problème, uniquement une étrangeté, il possède une double sortie.

 

Diable, est-il possible d’alimenter un deuxième baladeur ? Pas vraiment. Ces deux sorties s’expliquent par le fait que chacune est de 9V. Un petit coup de 9V sur chaque pôle de la batterie et voilà notre 18V.

 

Continuons dans notre package avec les câbles, au nombre de deux. Tout d’abord le câble usb : classique mais de bonne facture. Il servira suivant les entrées et le mode à connecter le baladeur en tant que DAC ou en tant que stockage externe. Ce dernier point permet alors d’éviter de passer par un lecteur de carte.

 

Deuxième et dernier câble, adaptateur plutôt, servant à relayer une classique prise coaxiale vers l’entrée coaxiale de type jack du baladeur.On respire : le déballage est presque fini car il reste… un tournevis. Celui-ci est là pour démonter la plaque contenant le module d’amplification du baladeur. On en reparlera plus tard, mais cette manipulation sera en vue de remplacer ou changer de module amplificateur, notamment par le fameux GAME, dédié aux casques demandant un volume moins important que celui délivré par l’amplificateur de départ.

 

Fini le déballage, regardons maintenant en détail ce fameux baladeur.

 

Galerie photo

 

 

Le baladeur

 

Pas la peine d’enfoncer des portes ouvertes, le volume occupé par la bête est incontestablement la chose qui frappe le plus.

 

Une chose au moins m’a agréablement surpris, la finition est meilleure que ne le laisse supposer les photos. Lors de son annonce je m’imaginais déjà tenant un morceau de plastique bon marché, il faut dire que les produits audio Chinois délaissent bien souvent la finition, même quand le produit est supposé plus cher que la moyenne. Ici, c’est une coque en aluminium de plutôt très bonne facture. Certes on est loin de l’aspect tank que j’aurais aimé voir, mais en pratique on ne déplore aucun jeu. Bref, une bonne impression de solidité, normal me direz-vous pour un produit de ce prix.

Gros bémol sur l’aspect esthétique, non pas du baladeur dans son ensemble car c’est une évidence (encore qu’il en faut pour tous les goûts), mais plutôt sur l’étrange aspect de sa coque. En effet à la lumière on distingue (seulement de près heureusement) des petits reflets verts et rouges façon paillettes. Du plus mauvais effet.

 

Nous allons à présent décortiquer l’objet tranche par tranche.

 

Façade

Étrangement pas le plus intéressant, car siège de deux aberrations temporelles, l’écran et les boutons de navigation. Le premier est une antiquité de par sa taille et sa qualité. La marque ne fournit même pas la taille de l’écran c’est dire, mais celui-ci est autour de 1.8 pouce. Ajoutez à cela une qualité à peine correcte, et il n’est déjà pas difficile de constater que la navigation ne sera pas une partie de plaisir. Passons donc ce brillant point, nous y reviendrons plus tard.

 

Une autre partie de la façade est occupée par les boutons de navigation. Disposition très répandue il y a quelques années dans les baladeurs Chinois mais également très perturbante. Les 2 boutons du haut sont respectivement : droite et gauche. Les deux boutons du bas respectivement : bas et haut. Le bouton central est un bouton pause/play.

 

 

Dernière petite surprise de la façade, un panneau amovible, qui explique en partie la petite taille de l’écran par la place qu’il occupe. Sous cette façade est logée la batterie, aussi démesurée (toute proportion gardée) que peut l’être le chargeur.

 

Arrière

Rarement palpitant dans un baladeur, l’arrière de ce baladeur est le siège d’une des pièces maitresses du baladeur : le module d’amplification. On trouve ainsi un petit capot, fixé à l’aide de deux petites vis standards, donnant un sens au fameux tournevis. Cela commence à être une habitude mais je reviendrais dessus plus en détails.

 

Tranche gauche

Payons-nous une bonne tranche avec ce qui sera le siège de la mémoire du baladeur. Celui-ci ne possédant aucune ressource en interne, vous aurez compris qu’il s’agit du slot carte mémoire. Ce slot lit exclusivement les carte de type SD et peut lire jusqu’aux SDHC. Oubliez donc à priori le futur format SDXC promettant des centaines de Gigas il n’est pas à l’ordre du jour.

 

What else pour cette tranche ? Un petit et pour ma part presque inutile bouton Hold, c’est-à-dire (pour les non-anglophones profonds j’entends) une glissière deux position permettant à l’envie de verrouiller l’accès aux touches du baladeur. C’est une fonction que je trouve utile sur les baladeurs conventionnels et rentrant dans une poche, mais sur ce modèle cela reste quasi inutile en pratique.

 

Tranche droite

La plus complexe (ma préférée donc) des tranches est sans contexte la tranche droite car celle-ci abrite la bonne majorité des connexions.

 

 

En haut de cette partie se trouve la molette de son. Complètement disparu depuis l’abandon des baladeurs CD, le réglage du son par molette reste un moyen de réglage plus rapide et bien souvent plus précis, mais nous aurons très vite l’occasion de le vérifier.

 

Juste en dessous se trouve la sortie ligne. Point important car ce type de sortie permet de récupérer le son en amont du circuit d’amplification, cela dans le but de le connecter à un amplificateur, supérieur en qualité bien sûr sinon Guillaume se fâche. Certes nous sommes ici sur un baladeur, qui plus est un, sensé avoir un excellent circuit d’amplification, pourquoi s’embêter ? Tout simplement car le DAC offre un potentiel supérieur (en théorie) à ce que peut laisser prétendre l’ampli OP.  Après, il se peut très bien que l’inverse se laisse observer.

 

Un petit voyage un étage plus bas et l’on se trouve en présence de deux commutateurs, chacun de deux positions. Le premier permet de régler l’entrée utilisée pour la fonction DAC et se compose donc de : COAX(coaxial) et USB. Le second directement lié définit la fonction de l’appareil, le choix étant donné entre DAC et PLAYER. La fonction DAC permettant donc de se servir du HM801 en tant que carte son, en le branchant sur un PC par l’USB, ou par n’importe quel appareil sortant en Coaxial pour la fonction COAX. La fonction PLAYER permet bien évidemment d’utiliser l’appareil en tant que baladeur.

 

Enfin, dernier point de cette tranche, l’entrée Coaxiale. Le standard des prises dites coaxiales est tout simplement basé sur des connecteurs RCA, mais le baladeur ne possède pas un espace suffisant (encore que) pour placer une telle connexion. Son entrée est donc au format Jack. Le passage d’une prise coaxiale classique (en sortie de platine CD par exemple) à cette connexion jack se fait via l’adaptateur fourni par la marque.

 

Les prises ici semblent vraiment respirer la solidité, aucun jeu. Mention spéciale pour la molette, ni trop lâche ni trop dure.

Tranche supérieure

Cette avant-dernière tranche comporte des éléments plus qu’essentiels à la navigation, à commencer par (on l’attendait depuis longtemps) le bouton marche/arrêt. A côté, les boutons avance/retour et un bouton play/pause. J’ai déjà vu une telle fonction sur la façade me direz-vous ? Malheureusement oui, et ce n’est pas le seul télescopage de fonctions qui sera à observer.

 

Enfin, et non des moindres, la prise jack. Celle-ci se présente au format 3.5, la seule prise existante depuis l’invention du baladeur, sauf étrangeté.

Tranche inférieure

Dernier effort (je ne décrirai pas les arrêtes de l’appareil ensuite) avec la tranche inférieure. Trois connexions sur cette partie.Premièrement, l’entrée d’alimentation, ou plutôt les deux entrées d’alimentation. Cette double entrée présente un détrompeur, se retrouvant bien évidemment sur la prise du transfo.

 

Enfin deux entrées usb. Pourquoi deux ? Car le transfert de fichier et le DAC ne passent pas à travers la même prise. Grand bien a pris HiFiMAN de proposer la prise USB mini-b, qui est la prise la plus courante.

 

Quand il n’y en a plus il y en a encore, il reste une minuscule encoche placée à côté des prises. Celle-ci n’est rien de moins que le bouton reset, dans le cas d’un éventuel plantage de firmware.

La batterie

Difficile de s’imaginer les proportions si l’on ne sait pas à quel point le DAC et l’ampli OP sont énergivores par rapport à un baladeur classique. L’accès à cette batterie s’effectue en faisant coulisser le panneau avant, puis en le soulevant de façon bien droite. Il y a une petite encoche dans la batterie permettant ainsi de la retirer, car oui celle-ci est heureusement remplaçable.

 

Le poids du baladeur semble presque ridicule une fois la batterie retirée. En pesant cette dernière, on trouve pas moins de 90gr, à elle seule plus lourde que la grande majorité des baladeurs. Le HM801 en entier pesant 270gr le calcul est vite fait, un tiers du poids total.

 

Le module d’amplification Ganqi BAY

Ce nom fleurant bon l’Extrême Orient est la désignation générique du module d’amplification. Celui-ci est déjà décliné en 2 modèles : le standard livré avec le baladeur, et le GAME, dédié davantage aux intras (gain plus faible entre-autres).

 

Accessible depuis l’arrière de l’appareil, elle nécessite d’abord de retirer le capot retenu par deux vis. Un petit coup de tournevis et nous somme face à la bête. Celui-ci prend un minimum d’espace mais reste bien plus impressionnant que ce qui se fait sur les baladeurs actuellement, à commencer par l’utilisation de vrais grands condensateurs. Aussi impressionnant soit-il par rapport à celui d’un baladeur classique, ce module ne pèse pas plus de 10gr.

 

 

Pour le retirer il faut tout d’abord presser (toujours à l’aide du tournevis) les deux petites encoches le retenant. Ensuite un très léger passage du tournevis en dessous pour soulever (toujours légèrement) le circuit. Une fois arrivé à un angle de 30° on peut le retirer de son socle sans difficulté.

 

Replacer le module est plus facile encore, il faut le replacer de biais (toujours un angle de 30°) dans son socle jusqu’à ce que celui-ci s’enclenche et appuyer légèrement pour caler les encoches.

 

Ergonomie/Navigation

S’il est une erreur assez grave que la marque a commis, c’est bien de ne pas avoir confié le firmware a une vrai équipe. Car HiFiMAN aime faire cavalier seul, et ce firmware est pratiquement l’œuvre d’une seule personne. Nombres de personnes sur headfi ont largement pointé du doigt les possibilités d’ouverture du firmware à travers la communauté, qui aurait probablement connu des ratés mais à n’en pas douter son lot de merveilles.Je précise malgré tout que le firmware est assez souvent mis à jour. Apparemment catastrophique à ses débuts, il est devenu opérationnel avec de gros restes d’étrangetés, voire des régressions. Je me suis basé ici sur la version 0.15, qui a à présent environ deux mois, certaines fonctions assignées aux touches peuvent avoir étés modifié depuis.

 

Les boutons de la tranche supérieure d’abord. Ceux-ci sont les moins déroutants car sont ergonomiquement proches de ce que l’on connaissait à l’époque du baladeur cassette. Le bouton marche/arrêt ne souffre d’aucune ambiguïté, il démarre ou arrête le baladeur par pression d’une seconde environ.

 

Le bouton play/pause ne laisse également pas de place à l’erreur, il suspend une piste ou la reprend, voire la déclencher dans le navigateur si l’on est pointé dessus. Petite subtilité proprement exaspérante, il ne fonctionne pas lors de la navigation dans le firmware. Impossible donc de mettre en pause ou de reprendre une piste ailleurs que dans la fenêtre qui lui est assignée.

 

Les boutons avance et retour permettent bien évidemment de passer ou revenir sur une piste, mais hiFiMAN est allé se compliquer la vie en leur assignant également la fonction monter et descendre dans la navigation. J’avoue que ce point est dur à comprendre, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

 

Une des surprises du chef concerne les touches en façade. Le bouton central est une des rares satisfactions. Sa fonction est la même que le bouton play/pause (même inefficacité dans la navigation donc) en rajoutant une fonction de validation (par exemple pour la confirmation d’une piste dans les favoris).

 

Lors de la navigation et comme nous l’avons précédemment dit, les deux boutons du haut permettent d’avancer (bouton de droite) et revenir (bouton de gauche) dans l’arborescence, les boutons du bas de monter (bouton de droite) ou descendre (bouton de gauche).

 

Mais attention maintenant il faut suivre. Lorsque l’on se trouve dans la fenêtre de lecture d’une piste, la fonction assignée aux boutons n’est plus la même. Les boutons du bas servent à présent à avancer et revenir d’une piste ou d’avance/retour rapide. Les boutons du haut sont à présent assignés respectivement à un retour dans l’arborescence (bouton de gauche) et au marquage de la piste dans les favoris (bouton de droite).Une aspirine et on continue le test.

 

Passée cette présentation théorique de l’ergonomie, voyons ce que cela donne en pratique. Une assignation des boutons pas loin du chaotique risque d’être encore plus atroce en vrai. Il y aura là deux écoles : La première, qui voudra absolument parcourir et s’amuser, même avec le peu de fonctions, lors de la lecture d’une piste. A ces gens- là je ne garantis pas des lendemains qui chantent.

 

Si vous prônez une utilisation basique : naviguer sommairement, lancer un album et basta, il n’y aura alors pas de réel problème.

 

Dans son ensemble le firmware est stable et c’est une bonne nouvelle, quelques freeze malgré tout. Il existe en revanche plus de problème en lisant des pistes en 24bits/96KHz, car malgré la puissance du baladeur on est au bord de la saturation : les passages d’arborescence et la navigation en général sont moins fluides, au point que forcer un peu cette configuration peut entrainer des plantages. Parfois on s’en tirera avec de simples freeze de quelques secondes, parfois il faudra utiliser l’encoche de reset située sur la tranche inférieure.

 

D’une manière générale la navigation reste fluide, les boutons sont assez réactifs. Assez loin de ce que proposent les grande marques mais suffisamment bon pour ne pas avoir l’impression d’attendre le baladeur.

 

Interface

Celle -ci est comme je l’ai précisé basée sur un système très simple en arborescence. Le démarrage du baladeur prend environ 6-7 secondes ce qui est très honorable. Une fois le démarrage effectué on se retrouve directement dans la fonction audio du baladeur.

 

Au programme de haut en bas : l’accès aux favoris, la navigation par dossier, la navigation par artiste, la navigation par album, l’accès aux listes CUE, l’accès aux récentes lectures, l’accès à toutes les pistes, le réglage de la lecture en aléatoire ou lecture simple, le réglage de la répétition (unique, pour une piste ou pour toute les plages), le choix de l’égaliseur et le réglage de l’égaliseur perso. Enfin, on retrouve un accès aux réglages et une fonction d’update des pistes. Ces fonctions peuvent individuellement être affichées ou non ( à part les settings toujours affichés) via le setting. Par exemple si seule la navigation par dossier vous semble importante, désactiver l’affichage de tout le reste.

 

La navigation par dossier est on ne peut plus classique, bien qu’il faudra composer avec un rangement maison. Par exemple, ne pas oublier de mettre 01 pour une première piste et ainsi de suite. On se retrouve sinon avec un album dans un ordre du type : 1, 10, 11, 12, 2, 3.RAS sur la navigation par album, simplissime et sans petit plus.

 

La fenêtre de lecture d’une piste se contente également du strict minimum, affichant les tags classiques, à l’exception des pochettes qu’il faudra également oublier (est-ce vraiment une perte sur cet écran ?). On retrouve heureusement et c’est un minimum une barre de progression, affichant à gauche le temps écoulé et à droite le temps total.

 

Dernier point sur les réglages possibles, à travers une plongée dans l’arborescence du setting. Ne nous emballons pas, ceux-ci sont plus que réduits. On retrouve de haut en bas : les informations système, les affichages souhaitées dans le menu principal, le temps d’affichage avant extinction de l’écran, le temps avant arrêt automatique, le réglage de la langue et le papier peint. Je ne ferai aucun commentaire sur cette dernière option.Les langues existantes sont aux nombres de quatre, mais la grande majorité des personnes en éliminerons 3 d’office, à moins que le Japonais, le mandarin et le cantonnais ne vous soient familiers.

 

Transfert

J’avais presque oublié cette fonction, très secondaire pour ma part. Il suffit simplement de brancher le câble usb sur la prise data exc.En revanche, plus d’une fois il m’est arrivé de confondre cette prise avec celle de l’entrée DAC. Résultat : « Mais pourquoi tu ne m’envoie pas du son, foutu saloperie de matos hors de prix ».

Fonction DAC

Peut-être un branchement peu répandu chez le profane, il n’en reste pas moins que celui-ci est extrêmement simple. Tout d’abord on passe le bouton de sélection de la tranche droite en position DAC. On choisit ensuite le type d’entrée, usb ou coaxiale donc, et on branche.

 

L’utilisation du DAC sur PC demande ainsi simplement de brancher le câble sur l’entrée USB DAC du baladeur et de relier l’autre côté à une prise usb du PC. Ce DAC est alors reconnu par l’OS et pouf… n’importe quel son du PC passera dans les petits bras musclé du DAC.

 

Finissons-en sur cette partie ennuyeuse, j’ai été suffisamment gentils de vous avoir décrit cette interface à peine plus réussi que le désir d’avenir.Bref en un mot comme en cent, parlons du SON.

 

Qualité sonore

 

 

 

Oubliez les quelques lignes habituelles, ici c’est tout simplement le seul intérêt du baladeur.

 

Avant de commencer revenons sur cette fameuse affaire qui secoue le HM801, une lutte entre deux tribus.

 

Il y a encore quelques mois la tribu AFIFI vivait une vie paisible, attendant patiemment des nouveautés pour rendre hommage à leur grand totem HM801. Ces gens vénéraient pour la plupart le dieu des prix élevés « c’est cher donc c’est mieux » et en étaient pleinement satisfait.

 

De l’autre côté de la rivière, la tribu des ABIBI, qui en plus de chasser les animaux mangeurs de pommes vouaient un dégout sans borne pour les fausses croyances des AFIFI. Cette tribu croyait en la toute puissance des sciences, ses pouvoirs étaient tels qu’elle pouvait lire l’avenir dans les graphiques.

 

Le grand sorcier de la tribu ABIBI montra ce que lui avaient prédit les astres et ce n’était pas brillant pour le hm801. La réponse en fréquence, chose irréfutable même pour les AFIFI descendait dangereusement à partir de 10KHz, pour s’effondrer à -4dB à 20Khz.

 

Grande victoire pour les ABIBI, ils montrèrent au grand jour que ce totem n’était qu’une supercherie. D’ailleurs aucun d’eux ne savait différencier le son du totem hm801 du son de leur totem, dont la courbe était, elle, parfaite. Grande était leur foi car la plupart d’entre eux n’avaient d’ailleurs jamais posé une oreille sur le totem hm801.

 

Levé de boucliers du côté des AFIFI dont l’honneur était bafoué. Mais que faire ? Pas grand-chose à vrai dire. Invoquer que les ABIBI n’ont pas les oreilles nécessaires ? Peine perdue. Cette guerre s’éteindra peu à peu, mais jamais le grand sorcier ABIBI n’acceptera plus de totems venant de chez HiFiMAN. Si vous n’avez rien compris à cette histoire n’hésitez pas à demander :)

 

Fin de la transition, mon sentiment sur cette affaire, beaucoup de bruit pour une courbe de fréquence. Certes c’est une affaire qui fait tache car on aurait largement préféré une courbe parfaitement stable. Dans la pratique j’ai déjà vu des platine cd, ou pas plus tard qu’en ce moment d’ampli comme mon millet starving qui ne possédaient pas une courbe stable sur tout le spectre audio. Ainsi le Millet accuse une bonne perte dans les basses, mais en pratique cela ne le rend pas mauvais pour autant (au contraire il est excellent pour ce qu’il coute en composant), juste moins chargé en basses.

 

J’ai décomposé ce test en plusieurs écoutes, chacune à travers une gamme de casques différente. La comparaison s’est faite à la fois avec un sansa clip (le fameux dont parlent les ABIBI), un touch 2G, un rio karma et un cowon s9 (rapidement le seul à soutenir la qualité), ainsi qu’un dac musiland svdac05 branché au millet starving.

 

 

Test avec moyens et bas de gamme: panasonic HTX7, philipsSHL9560, koss porta pro, brainwavz beta et atomic floyd highdef drum

 

Ce segment n’est évidemment pas le meilleur pour accompagner avec du haut de gamme, et même la différence entre les baladeurs moyens et bons est alors bien mince. Effectivement ici la différence est tout d’abord nulle avec les beta et les atomic floyd. Le porta pro est un peu trop empaffé sur les aigus pour réellement montrer un baladeur nettement au dessus. Je trouve pourtant que l’on perçoit déjà que le touch 2G n’est pas assez maitrisé même si très dynamique.

 

C’est à travers les philips que je me suis le plus basé, en particulier pour la qualité des aigus. Le karma fini à son tour par légèrement accuser le coups il n’est pas au même niveau de détail que les autres. Le sansa clip à beau être très bon, je trouve le cowon bien supérieur. Autant la différence entre le cowon s9 et le hm801 est encore inaudible, autant le clip est moins détaillé que les 2 (là encore ce n’est pas flagrant ). La différence n’est de toute façon ici pas suffisante pour justifier même l’achat du s9 pour un but purement audio. Ce dernier servira (pas une surprise) de concurrent direct pour la suite du test.

 

On remarque déjà qu’effectivement le fameux « roll off » (la perte dans les aigus) se traduit. Pas de façon directe comme une lacune sur ces fréquences, plutôt comme une coloration un peu chaude du son.

 

Les tests en aveugle sur cette gamme ne sont pas extrêmement probant. Bien la coloration particulière est une sacré aide en pratique, mais ce n’est certainement pas un gage de qualité.

 

 

Test avec haut de gamme: hifiman re252, shure srh840

 

Suite du test avec le HiFiMAN RE252, très révélateur des sources parasitées. Les différences apparaissent un peu plus. Autant le dire tout de suite: une oreille peu entrainée n’y verra que du feu. Le léger manque dans les aigus est plus marqué sur ce modèle. Encore une fois il se traduit seulement par un son moins clair, mais pour certain cela sera rédhibitoire.

 

Une chose qui commence également à bien apparaitre est la profondeur du son, à commencer par l’impression d’espace manifestement supérieure au cowon. On également noter un surplus de corps, les basses du HM801 sont un peu plus détaillées et enveloppantes.

 

Essai maintenant sur le Shure SRH840. Ce casque est relativement facile à driver avec un baladeur, mais dans la pratique un ampli de salon le rend à la fois plus polyvalent et plus maitrisé. C’est donc sans surprise ici que l’ampli op puissant du hifiman marque une différence. Les aigus ne sont pas franchement changés, mais les basses et surtout les bas-médiums gagnent un bon degré en qualité par rapport au cowon.

 

Tests en aveugle encore une fois aidée par la signature du HiFiMAN concernant le re252, avec le Shure on peut commencer à nettement le reconnaitre sur un critère qualitatif.

 

 

Test avec très  haut de gamme: jh audio jh13 pro

 

Dans le très haut de gamme faible impédance, je n’ai que les moulés jh-audio jh13pro, les temps sont durs. Il n’en reste pas moins qu’à défaut de pouvoir exploiter le surplus de puissance de l’ampli, la différence est maintenant marquée dans les médiums, bien plus doux et naturels sur le HiFiMAN. Le Cowon reste excellent, mais parait presque sibilant sur les voix en comparaison.

 

A ce niveau on peut comparer de manière globale. Difficile de quantifier le gain, le HiFIMAN n’est pas incroyablement meilleur que le cowon, il sonne simplement plus « juste », meilleur à tous les niveaux : impact, détail, espace sonore, etc.

 

Plus vraiment de difficulté sur les tests en aveugle, le contrôle bien supérieur des basses et bas médiums du HiFiMAN s’exprime très largement.

 

 

Test avec haute impédance: sennheiser hd600, akg k701

 

Le baptême du feu pour l’ampli. Comparer le cowon s9 et le HM801 a volume égal permet de voir la véritable utilité d’un ampli puissant et de qualité. Le volume à beau être égal, la différence est extrêmement importante. Sur un casque comme hd600, le cowon sonne extrêmement sibilant et anémique dans les basses, le HiFIMAN drive sans difficulté ce casque très gourmand, ce qui est vraiment une performance.

 

Mais c’est sur un casque comme l’akg k701 que j’ai le plus apprécié le hm801, qui transcende littéralement l’écoute. La spatialisation est alors bien loin de celle délivrée avec le cowon. Par ailleurs la synergie est excellente avec ce modèle.

 

La différence avec ma configuration sédentaire est bien sur moins évidente, mais semble pourtant supérieure en termes de détails et d’impact du côté du hifiman. De plus, ce qui frappe le plus sur l’amplification du hm801 est son absence totale de bruit parasite, aucun souffle n’est à déplorer, très difficilement concevable voire impossible pour un ampli classique.

 

Sur des casques de ce type, aucune difficulté, probablement même pour une oreille lambda, à déceler les différences.

Test flac 24bits

Ce baladeur permet de lire les piste en 24bits/96KHz. Ayant testé cette fonctionnalité j’ai été moyennement voire très peu satisfait. Tout d’abord ce format est énergivore et ralentit considérablement la navigation. Mais le gain est terme de qualité est très faible par rapport à un flac normal, très légère amélioration sur voix, mais c’est à peu près la seule chose que j’ai pu observer.

Autonomie

 

Annoncée à 8 heures, j’ai mesuré entre 5 et 8 heures avec les différentes utilisations et façons de le solliciter. Avec des flac 24 bits, celle-ci tombe à 3-4 heures. La recharge s’effectue quant à elle en environ 4 heures.

 

Analyse

 

Finalement, bonne affaire ? Oui, mais pour le segment sur lequel on s’attend de le trouver, c’est-à-dire un segment très flou voire indéfinissable. Beaucoup trop gros pour une utilisation complètement nomade (on parlera plutôt de transportable), il reste  cher par rapport à ce que l’on peut trouver en configuration de bureau pour le même prix, mais heureusement pas tant que ça si l’on considère la flexibilité qu’il propose.

En utilisation entièrement nomade il faudra vraiment taper dans le très bon intras ou le très casque, mais alors aucun baladeur ne pourra rivaliser en terme de qualité sonore.

Le degré ultime sera atteint si vous êtes de ceux (comme moi) à toujours vous balader voire apprécier l’écoute au casque hifi allongé sur un lit, alors ce dac/ampli transportable est une  solution parfaite.

 

Conclusion

 

Pionnier du segment haut de gamme transportable, le HM801 devra compter sur l’adaptation des gens à ce curieux produit. Théoriquement bien supérieur au meilleurs baladeurs, il ne deviendra vraiment intéressant qu’avec le haut de gamme, particulièrement avec les casques hautes impédance avec lesquels il explosera littéralement la concurrence.

Ne pas compter sur autre chose que la qualité sonore, tout le reste est d’un autre âge, et pratiquement rien ne surnage alors. Un gadget bien cher si vous n’accrochez pas au segment cité, il sera plus qu’intéressant si vous en êtes un adepte, d’autant que sa fonction dac n’est pas à négliger.

Un trackback



 

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