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Écrit par
Guillaume

Test HiFiMAN HM 601

Lundi 9 mai 2011 à 18:00 | Dans la catégorie HifiMAN

 

Introduction :

Dernier rejeton d’une famille de 3, le HM601 se présente comme un tueur de baladeur classique. Plus compact que le grand frère HM801, son prix presque raisonnable lui permet sur le papier d’être une alternative audiophile crédible aux ténors du genre, Cowon, Sony, Samsung et les autres. Ne pouvant tabler ni sur sa compacité ni sur des fonctionnalités modernes, HiFiMAN tentera encore une fois de mener sa croisade atemporelle en portant le son pour seule bannière.

hifiman601.jpg

 

HiFiMAN HM 601

 

 

Très proche de l’architecture du HM602, le HM601 partage la même partie amplificatrice et le même convertisseur numérique/analogique (communément appelé DAC). Deux différences notables : la fonction carte son (communément appelée fonction DAC) est absente du 601, et sa mémoire interne n’est que de 8Go contre 16Go pour le HM602. C’est tout ? Pas tout fait, car il y a également un subtil changement en sortie convertisseur, le filtre passe-bas n’étant également pas le même, je ne m’attarderai pas là-dessus dans ce test mais il y a théoriquement des chances que la sonorité ne soit plus la même.

 

Ce fameux DAC, ou plutôt NOS-DAC le TDA1543, est un modèle relativement ancien construit par Philips, destiné au départ pour les platines CD moyen de gamme. Sa production s’est arrêtée il y a des années de cela maintenant, mais les stocks encore nombreux continuent d’alimenter les circuits du DIY (Do It Yourself), on assiste même à un effet de mode de ce type de convertisseur, incroyablement bon marché au passage. Le préfixe NOS (Non OverSampling) est comme son nom l’indique la marque d’une absence de sur-échantillonnage.

 

Ce fameux sur-échantillonnage, présent sur tous les DAC de baladeurs permet d’éviter bons nombres de fréquences parasites en sortie de DAC et ainsi un filtrage plus doux par la suite. Le NOS-DAC, ne possédant pas cette caractéristique, nécessite généralement un filtrage un peu sec, d’où une atténuation plus ou moins prononcée dans les extrêmes aigus. En résulte un son souvent plus chaud, plus proche du rendu d’une platine vinyl ou d’un ampli à lampes, d’où les nombreux adeptes de cette technologie. La série HM600 est ainsi la première de l’histoire du baladeur à délaisser le sur-échantillonnage pour cette technologie.

 

Pour le reste, les différences entre cette série et le HM801 sont évidentes et heureuses. Le calamiteux système de navigation a visiblement laissé place à une approche plus conventionnelle via une croix directionnelle. Les dimensions, bien que toujours trop importantes nous ramènent à une période assez proche, celle des briques lecteurs mp3, les premiers ‘jukebox’ de chez Archos ou Creative.

 

Caractéristiques

 

 

  • Dimensions : 103 mm X 62mm X 26.5mm
  • Poids : 200g
  • Formats audio :
    • mp3
    • Wma
    • Ogg
    • Wma lossless
    • Flac
    • APE
    • WAV
  • Performances :
    • Autonomie annoncée : 9 à 10 heures
    • DAC Phillips TDA1543
    • Op-Amp: OPA2107
  • Connecteurs :
    • Casque : prise jack stéréo 3.5mm
    • Ligne : jack stéréo 3.5mm
    • Ordinateur : Usb2, raccordement par la prise jack
    • Secteur
  • Source d’alimentation :
    • Batterie : Lithium-ion
    • Secteur : Chargeur 5V

Liens utiles :

 

Trois différences importantes entre le hm801 et le hm601 hormis la fonction carte son. Premièrement, la puissance en sortie, sensiblement moindre sur le 601, mais en pratique dans les mêmes eaux, c’est-à-dire ne marquant une limite que dans les casques très gourmands.

 

Deuxièmement, les dimensions : 103×62x2,5 (en mm) pour HM601, contre 114×78x25,5, soit une réduction de 25% du volume, ce qui n’est finalement pas énorme.

 

Enfin, le poids, réduit également, passant de 270gr pour le HM801 à 200gr pour le HM601 soit là aussi une réduction de 25% environ.

 

Sur le papier les deux derniers points évoqués paraissent bien faibles, mais en pratique le gain est très notable, ne serait-ce que par la tenue en main bien supérieure et surtout la sensation d’équilibre nettement améliorée, là où le HM801 semblait entrainé par le poids excessif de sa batterie.

 

Déballage

 

 

Une boite HiFiMAN est triste comme un matin Nord-Coréen. Sans être adepte des packagings trop fournis, un petit vent de capitalisme embourgeoisé ne serait que bénéfique, cela pour combler l’essentiel comme un étui de transport digne de ce nom par exemple.

Finie la boite de bois grinçante du HM801, celle de la série 600 est faite de carton massif, marquée par un aspect écaillé pour le moins douteux.

 

La boite se compose d’un unique compartiment, vaguement séparé par une encoche en mousse dense abritant le baladeur. Au chapitre des accessoires la marque va au plus simple : Un câble Usb, un chargeur, et une housse aussi souple que fine, d’usage anti-poussière et encore.

Le câble Usb, semblable à celui du hm801 exceptée la couleur reste classique voire générique.

Le chargeur du HM801 était une étrangeté car monstrueux, monté en 2*9V et en fichage US. Le chargeur du HM601 est un bien plus classique 5V Européen, lui aussi presque générique tant il est utilisé avec d’autres appareils. Il apparait alors un premier défaut : l’encoche du baladeur et la prise du chargeur ne s’emboitent pas totalement, laissant la masse dépasser de quelques millimètres. Pas d’incidence sur la charge ou sur l’écoute, mais une approximation de plus.

Pas la peine d’insister davantage sur la housse, reproduction miniature de celle du HM801. Je lui cherche toujours un usage.

 

 

Le baladeur

 

Bien que l’aspect général soit assez proche du HM801, l’impression laissée par ce produit est bien meilleure, en grande partie dûe à la possibilité de l’utiliser d’une seule main. La coque est quant à elle très proche, axée sur une construction en 3 morceaux : La façade, la tranche, et la partie arrière.

La façade est manifestement faite de plastique très compact, assez proche de ce que peut donner le métal à vrai dire.

La tranche sillonnée, déjà vue sur le HM801, reste la base d’accroche du circuit imprimé. Aucun jeu dessus.

Enfin la partie arrière de la coque, en métal, non pas plate mais légèrement voûtée.

La construction ne souffre donc d’aucun jeu et il sera difficile de le mettre en défaut de ce côté-là. Nous avons de plus échappé au ridicule effet pailleté du HM801.

 

Façade

L’essentiel des fonctions y est regroupé, à savoir la croix de navigation, ainsi que les trois boutons de position : Marche/Arrêt, Verrouillé/Déverrouillé, Lecteur/Muet.

Ce dernier bouton est une modification directe du HM602, pour lequel ce bouton se présente sous la forme Lecteur/DAC, à savoir un switch entre la fonction baladeur et celle de carte son.

Difficile là encore de connaitre la solidité à l’usage, mais l’intégration des boutons parait clairement au-dessus du HM801. A la différence des 2 autres modèles, l’intégralité des boutons du HM601 est chromée, non pas dorée, d’un point de vue personnel une très bonne chose.

Arrière

Rien d’intéressant bien sûr. Une simple indication sur la capacité, à savoir 8Go, les premières versions étant à l’époque de seulement 2Go mais livrées avec les intras RE-ZERO.

Tranche gauche

Siège d’une nouveauté assez pratique dans la série 600, l’apparition d’un switch Faible/Haut gain, s’adaptant ainsi au casque utilisé. Enfin, on retrouve l’encoche mémoire permettant d’accueillir une carte SD et SDHC.

 

Tranche droite

Tout d’abord, la prise Usb de transfert conventionnelle. Peu utile avec la carte, elle reste bien sur obligatoire pour remplir la mémoire interne. A ses côtés mais légèrement espacée, la prise secteur, qui me semble être pour le moment le seul élément extérieur mal pensé car trop court. Ses caractéristiques relativement classiques permettent heureusement d’espérer, dans l’optique d’une panne, un remplacement facile par des équivalents, chose que le HM801 et son chargeur atypique ne peut pas espérer.

L’espace conséquent entre l’Usb et la prise secteur est là encore un héritage du grand frère HM602, accueillant dans cette lacune une seconde prise Usb, dédiée à la fonction de Dac externe.

 

Tranche supérieure

Ce modèle concentre les sorties et réglages sonores ici. On retrouve donc de gauche à droite : La sortie Jack 3.5mm, la sortie ligne 3.5mm, ainsi que le potentiomètre analogique.

Si regrouper les deux sorties son est théoriquement une bonne idée, il peut arriver de se tromper de prise. Brancher des intras sensibles sur la sortie ligne ne rendra pas instantanément sourd ou accouphènique, mais reste fortement déconseillé, d’où ma réserve sur l’emplacement.

Enfin la molette. Bien plus petite et moins ergonomique que celle du HM801, elle bénéficie pourtant d’un repère chiffré sur la tranche.

 

Tranche inférieure

Morne plaine, excepté la petite encoche du bouton Reset, que je n’ai heureusement pas utilisé.

 

Que rajouter enfin ? Que la partie amplificatrice est implémentée sur le circuit, inutile d’espérer donc un changement de ce côté. Je n’ai pas vérifié l’intégration de la batterie, celle-ci n’étant pas directement accessible et je ne voudrais pas démonter un baladeur qui n’est pas le mien.

 

Ergonomie/Interface

L’interface est exactement la même que celle du HM801, fonctionnelle mais d’un autre âge et bugée. Celle-ci se base sur 2 parties, l’arborescence et la piste jouée, parties pour lesquelles l’utilisation des boutons n’est plus la exactement la même. La récurrence du désordre en somme, mais dans une moindre mesure si l’on élève le HM801 en maitre étalon.

 

 

La partie arborescence commence fort logiquement par la racine, laquelle affiche les chemins accessibles, dont bien évidemment les différents tris musicaux (par fichiers en carte sd, par fichiers en mémoire interne, par albums, par artistes, par listes, par favoris etc..), ainsi que l’accès aux options générales ou encore les égaliseurs. Les chemins en racine sont ainsi très nombreux, c’est pourquoi il est possible d’en désactiver et réactiver la présence via le menu de réglage. On peut ainsi, par exemple, choisir de n’afficher en racine que la navigation par carte SD et mémoire interne, sans utiliser d’égaliseur. A la guise de l’utilisateur donc, pas élégant mais probablement la meilleure solution vu l’ergonomie.

 

En arborescence l’utilisation des touches est très simple, gauche et droite pour avancer ou revenir dans la racine, haut et bas pour sélectionner les menus. Autant être clair, le bouton central ne sert alors à rien.

 

En lecture, la patte HiFiMAN reprend le dessus en bouleversant le bon sens. Droite et gauche eut été logique pour passer d’une piste à l’autre, ainsi que pour avancer et reculer. Perdu ! Le bouton gauche ramène à la base de l’arborescence, le droit permet d’ajouter (confirmation préalable) la piste dans les favoris, bien des choses m’échappent, je suis pourtant loin d’être un modèle de logique. Ainsi, ce sont les vaillants boutons haut et bas qui assureront respectivement le retour et l’avance dans les pistes, ainsi que le retour et l’avance rapide. D’aucun me disent qu’une fois cela appris tout est simple, mais pourquoi se compliquer ainsi la vie ?

 

Le bouton central permet quant à lui la lecture et la pause de la piste en cour, fonction désespérément inactive depuis l’arborescence (n’en demandons pas trop tout de même).

 

D’une manière générale, et en passant sur ces incohérences, la navigation est supérieure à celle du HM801, car bien plus rapide grâce à l’apport de la croix de direction.

 

Bugs

 

Très nombreux et difficiles à cerner suivant les versions. Reviennent néanmoins en tête l’incompatibilité, totale ou partielle, avec certaine carte SDHC de grande capacité (généralement 16 et 32Go). Signalons également quelques problème de fichiers avec certains Tags, rendant invisible certaines pistes.

 

Transfert

Classique, elle permet à la fois de transférer les données sur la carte ou sur la mémoire interne. En mémoire interne, L’upload tourne autour de 7.5mo/s et de 3.5mo/s en download, loin d’être génial mais pas alarmant non plus.

Passons maintenant au vif du sujet, celui sans qui rien n’arrive.

 

Le Son

 

 

 

Je me suis basé ici presque exclusivement sur une comparaison avec le Cowon S9, qui reste mon baladeur fétiche (avec le rio karma, le seul qui a ravi mon cœur). Bien sûr une petite confrontation avec le mastodonte HM801 sera proposée.

 

Mais avant toute chose, asseyons-nous un instant pour replonger dans un conte merveilleux, entamé il y a presque un an, et dont l’histoire n’a semble-t-il pas fini de s’écrire.

 

Ainsi donc il y a un an, deux tribus, les EFIFI et les ABIBI annoncèrent au grand jour leur inimitié.

Les EFIFI vénéraient des dieux exigeants et arboraient cela comme une marque de fierté, n’ayant pas peur de donner en offrande tout ce qu’une journée de chasse ou de labeur dans les champs bétonnés leur avaient apporté. L’un de ces dieux, depuis peu, était au centre des attentions, le totem Gros-Fifi, un despote gourmand en offrandes et avare en bénéfices, mais dont l’aura absorbante remplissait de bonheur n’importe quel EFIFI. Certes, ce totem était extrêmement lourd, mais bien moins que les idoles de pierres que les EFIFI gardaient dans leurs tipis.

 

Les ABIBI, peuple au grand savoir, ne partageaient pas cette vision. Leurs dieux n’étaient pas ces tyrans qu’ils voyaient chez leurs voisins. Ils croyaient en une approche codifiée de l’univers, parsemée de grands principes ésotériques tels la lecture de la réponse stellaire ou de la distorsion astrale, des choses que les EFIFI ne comprenaient qu’à moitié ou avaient abandonnés depuis longtemps. Les lectures étaient claires et leur propre idole s’était révélée en la bienveillante Mama-Clip.

 

Un jour donc, le sorcier des ABIBI, auréolé de confiance, pénétra dans les terres EFIFI. Personne ne s’en méfia et ce peuple, toujours accueillant, lui ouvrit les portes. Aussitôt entré, il s’approcha d’une cohorte de guerriers priant le très bénéfique Gros-Fifi, les regarda d’un air cynique et rit devant leur idole en les traitants de fous. Il se targua de leur démontrer que ce dieu n’était qu’un imposteur avide, dont les bienfaits demeuraient à peine comparables à ce que procurait la puissante Mama-clip. Il n’hésita pas à confronter le sculpteur de Gros-Fifi, un certain Gnaf, prophète venu d’une terre très loin à l’est. Gnaf et le grand sorcier, dans leur malheur, ne parlaient pas la même langue. Peine perdue donc, pour le grand sorcier, n’ayant levé qu’une poignée d’EFIFI. Il s’en repartit, mais dès son retour harangua son peuple, maudissant l’idole de ses ennemis.

 

 

Entre-temps, Gnaf, voyant que ce dieu rebutait toujours quelques guerriers, imagina un plan diabolique. Une idole plus accessible, moins avide d’offrandes, mais malgré tout puissante, presque aussi puissante que Gros-Fifi. Dans un état de transe extrême, il perçut vaguement une troisième divinité, jumelle de la seconde. Ainsi naquit, quelques mois après le début de la discorde, Mi-Fifi, qu’il présenta au chef des EFIFI comme le petit frère de Gros-Fifi. Rapidement, des chasseurs plus modestes se prirent d’adoration devant ce petit dieu si trognon.

 

Dans l’autre camp, le sorcier ne décolérait pas. Non seulement la fausse idole perdurait, mais l’immonde Gnaf en ramenait une autre ? Le sorcier refusa tout net d’adopter Mi-Fifi, même temporairement, il refusait d’ailleurs toute divinité ressemblant de près ou de loin à Gros-Fifi. Ce simple nom n’était pas encore tabou dans les rangs des ABIBI, mais n’allait pas tarder à le devenir, trop d’EFIFI manifestaient leur foi jusque dans le camp ABIBI. Le sorcier ne le supportait plus et bannissait les blasphémateurs sans ménagement.

 

Dans l’autre camp, suite à une ultime transe, Gnaf parachevait son œuvre à travers une nouvelle itération qu’il nomma Pti-Fifi. Le succès ne se fit pas attendre chez les EFIFI. Plus raisonnable encore en offrandes que ne l’était son deuxième frère, il devenait accessible à la tribu entière, même au chasseur en apprentissage. Gnaf pouvait dormir tranquille, personne dans la tribu n’oserait douter de lui à présent.

 

 

Chez les ABIBI, les têtes cessaient peu à peu de tomber. Le grand sorcier avait interdit l’accès du camp aux fanatiques EFIFI, l’évocation même des trois Fifi fut finalement proscrite. Les derniers soubresauts de convertis tardifs comme le très virulent Grostonio l’avaient décidé à prendre de telles mesures.

 

Depuis, la confrontation est revenue vers une guerre larvée, mais Gnaf ne devrait pas lâcher sa poule aux œufs d’or, la suite au prochain chapitre.

Fin de la parenthèse. Si mes propos vous semblent incohérents, sachez seulement que je ne faisais pas l’apologie de la drogue mais un simple récit hautement métaphorique sur la nouvelle mode des baladeurs audiophiles, qui a ses grands adeptes et ses virulents détracteurs.

 

HiFiMAN HM 601 VS Cowon S9

 

Mon test s’est effectué via une playlist, la plus exhaustive possible, cela à travers différents segments de casque.

 

Commençons en douceur par le Koss porta pro et le Philips SHL9560.

Sans surprise, pratiquement aucune différence, une présence un peu plus marquée dans les bas médiums et une légère atténuation dans les aigus pour le HM601, mais pas franchement probant. D’une manière générale l’espace ne parait pas démesuré.

 

Vient ensuite le head-direct re252 ainsi qu’un Sennheiser HD25.

Déjà mieux. Sur le RE252 les détails apparaissent de façon plus évidente. Sans être plus large, la scène sonore possède plus de profondeur. Sur des instruments tels que les percussions le constat est assez évident. Le HD25 ne fait que le confirmer, même si la signature analytique du re252 s’accorde encore mieux à mon sens. Néanmoins le HD25 met bien avant la qualité impressionnante des basses du HM601, là où le Cowon s9 a toujours été un peu mou. Les bons casques comme le HD25, les TMA-1 de AIAIAI ou le Phiaton MS400, tous performants dans les basses, seront d’excellents compléments, l’impact est bien plus évident et cela est la chose la plus marquante.

Tout comme le HM801, le HM601 commence à pointer ses qualités dans cette gamme. Il apparait pourtant déjà que le grand frère en a bien plus sous le pied, l’espace sonore est déjà sensiblement plus large et manifestement l’équilibre est supérieur.

 

Finalement, passons aux intras hauts de gamme.

Avec des intras comme les JH13 tout est bien plus évident. La scène sonore, encore une fois pas forcément plus étendue que le Cowon, a bien plus de profondeur. L’avantage du 601 se révèle largement sur les morceaux très dynamiques, là où les OST très planantes sont pour moins une semi-déception et à mille lieux du hm801. Dans ce registre il garde une longueur d’avance sur le S9, mais celui-ci est loin d’être anéanti.

Pour les amateurs de rock, de métal, voire de rap, la maitrise du bas du spectre le rapproche des platines de salon. Sans attendre la maitrise du 801, le 601 propose une attaque très franche. Le claquement des doigts sur les cordes, une ligne de basse, un bon solo de batterie, les qualités du sédentaire ne sont plus très loin.

 

 

Enfin petit test avec le HD600 de Sennheiser et le K501 d’AKG, tous deux très durs à driver.

Oublions le S9 ici qui de toute façon n’est pas assez puissant, inutile d’enfoncer des portes ouvertes. Dans les deux cas le résultat est assez probant, la réserve de puissance du 601 permet d’amplifier correctement le HD600. Sur la plupart des pistes le K501 est à l’aise et la synergie très bonne, la chaleur importante du HM601 se marie bien avec lui.

En revanche, en montant dans le mode high gain, la distorsion explose assez clairement à partir de 6-7, même si cette valeur ne se justifie que pour les casques très énergivores. Au chapitre des reproches, retrouvons également la présence d’un bruit de fond décelable avec des intras sensibles. Nous sommes même au-dessus dans d’un S9 ce qui n’est donc pas négligeable, pas préjudiciable à l’écoute, mais forcément plus en plein silence, de gros efforts à fournir de ce côté, surtout quand on connait la maitrise parfaite du HM801.

 

 

En bref, que retenir du son ? Le gain sur les baladeurs classiques est évident, comme avec son grand frère. Mais, encore une fois, inutile d’espérer la métamorphose d’un casque ou intra moyen ou bas de gamme, le gain serait trop faible voire proche de l’effet placebo. Une fois ces limites franchies, les qualités sont évidentes, particulièrement sur les morceaux énergiques, pour lesquels il se rapproche du HM801. Je ne saurais donc que le conseiller à un amateur de musique très énergique. Car pour le reste, s’il promet d’excellentes choses sur d’autres styles (excellente reproduction des guitares entre-autres), ses qualités dans le registre classique et surtout dans les musiques de types OST très large sont bien moindres. On reste dans un registre supérieur à ce qui se fait dans le baladeur classique, mais le hm801 navigue dans un autre univers.

 

Y avait-il mieux à faire sur ce type de baladeur ? Était-il perfectible ? Oui, très probablement, cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord cette fameuse couverture imparfaite du spectre, proche du HM801. Un NOS DAC est difficile à filtrer, ce n’est pas nouveau, mais le discours répétitif du patron de HiFIMAN sur le côté « analogique » de ses baladeurs finit par sonner comme un raccourci facile pour justifier un filtrage très sec en sortie de DAC, ce qui est à priori évitable.

 

De plus, si le Philips TDA1543 est un bon NOSDAC, il est loin d’être le meilleur, et surtout est de conception incroyablement ancienne à savoir 1991. On peut railler la technologie dans le domaine et invoquer le caractère relativement atemporel de l’audio, mais les progrès des DAC sur 20 ans sont tout de même très notables. Fang de Head-direct parie ainsi sur la sonorité très vintage des vinyles et des amplis à lampes, ce que permettent naturellement les NOSDAC. Et voyez comme le hasard fait bien les choses, un TDA1543 est pratiquement donné.

 

Analyse

 

 

Voilà donc où nous en sommes. Le patriarche HM801, d’une manière presque générale, est un baladeur acclamé pour sa qualité sonore et raillé, à raison, pour le reste. Mais comme je l’avais précisé dans mon précèdent test, son prix astronomique et ses dimensions déraisonnables le réserve à une poignée de personnes, les audiophiles les plus extrêmes (rien de péjoratif là-dedans).

 

Le tarif du HM601, pour peu que notre bien aimée douane ne soit pas trop regardante, est de 259$, soit à peine 180euros à l’heure où j’écris, dans la lignée des bons baladeurs donc. D’un point de vue purement sonore l’achat est amplement justifié, oui mais est-ce suffisant ? Tout dépend de votre tolérance envers ses défauts et de la barrière que le nomadisme ne peut franchir. L’ergonomie et l’interface sont d’un autre âge mais pourtant acceptables, ce qui n’est pas le cas du 801, l’autonomie assez affligeante mais suffisante pour une journée normale d’écoute, les dimensions dans les eaux du lecteur cassette d’antan mais positionnables dans la plupart des poches, les possibilités réduites mais son but est uniquement sonore.

 

Chacun trouvera dans ses alternatives une réponse, ce ne sera pas à moi de vous la donner. La partie sonore justifie bien des sacrifices, mais à titre personnel pas suffisamment pour me faire lâcher mon S9. L’autonomie, probablement, est ce qui me freine le plus, ou la barrière que je place entre le nomade et le sédentaire.

 

 

 

 

Conclusion

 

 

Enfin portable et plus ergonomique que le HM801, le HM601 conserve une bonne de partie ses qualités sonore, tout en restant un cran derrière. Enfin assimilable, ou presque, à un baladeur traditionnel, le choix sera un subtile dosage entre ses défauts et son immense avantage sonore.



 

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