Nous avons actuellement plus de 182 visiteurs connectés sur nos sites (dont 11 sur generationmp3.com - 167 sur le forum)

Écrit par
Guillaume

Test Philips SHL9560

Jeudi 12 mai 2011 à 18:00 | Dans la catégorie Design, Philips

 

Introduction : Une des premières incursions de Philips dans le casque design s’est révélée une démonstration commerciale, au point que le SHL9560 est considéré comme l’un des modèles les plus populaires de sa génération, particulièrement auprès de la cible féminine. Gageons que cette marque ne délaissera pas le son pour autant. Réponse dans ce test.

5488614123_5fa8535923_z.jpg

Philips SHL9560

 

Présentation

 

Contrairement à Wesc, Skullcandy et autres marques sorties de terre, Phillips est un très vieux briscard de l’audio. Pas nécessairement acclamé car absent du haut de gamme, l’essentiel de ses créations demeure néanmoins un vivier de bonnes affaires.

 

Le Phillips SHL9560 est devenu, en un instant, un véritable ovni, au moment où le marché du design, encore incertain, était un choix entre l’approche vintage et coloré initié par Skullcandy et Wesc, et la vision futuriste, épurée (bien que bling-bling) mais très masculine de Monster et son Beats by Dre. Ces deux approches n’ont pas réellement changées mais les choses tendent maintenant à s’organiser.

 

Le SHL9560 tranche de par son aspect très pur, presque aérien, marqué par le choix de son arceau transparent. Sa réussite se fit donc à travers son aspect futuriste et également unisexe, point que Monster a bien moins réussi.

 

En revanche, le positionnement n’est clairement pas le même, Monster s’appuyant sur des prix respectivement 4 et 6 fois supérieurs pour le Beats Studio et le Beats Solo, Phillips ayant choisi un positionnement de départ autour de 50 euros, plus proche des 35-40 à l’heure actuelle. Un casque relativement bon marché donc, en deçà des standards de prix de la nouvelle vague design, plus proche des 60-80 euros (encore une fois Monster reste à part). Alléchant sur le papier donc, reste à se confronter à la réalité.

 

Caractéristiques

  • Réponse en fréquence : 12-24Khz
  • Impédance : 32Ohms
  • Sensibilité : 105 dB/mW
  • Poids :158gr
  • Câble : 1.2m

Fabrication

 

Entièrement à base de plexiglas pour l’arceau et de plastiques divers pour la coque, ce modèle ne semble pas de prime abord un modèle de solidité. Mais, fort heureusement, les deux points faibles (en général) des casques nomades, à savoir les centres de torsions proches des écouteurs et le sommet de l’arceau, sont très bien pensés et totalement dépendants de l’arceau. La jonction de ce dernier aux coques est effectuée via la mise en place d’un petit rivet métallique de chaque côté. Une torsion latérale à cet endroit est impossible mais ne se justifiait pas vraiment ici. Contrairement à ce qui fait la faiblesse matérielle du Beats solo, l’arceau est également très souple et possède une immense marge de torsion. Difficile de le briser à moins de vraiment le vouloir.

 

 

Le seul reproche à faire se trouve au niveau du câble, assez court et relativement fin sur la connexion jack. En pratique, après une année (pas intensive il est vrai) d’utilisation, ce câble tient toujours bon, l’intérieur de la prise est donc manifestement plus travaillé qu’il n’y parait.

 

 

Le reste de la fabrication est irréprochable, les coques sont parfaitement solides et le bandeau soutenant la tête suffisamment résistant à l’usage.

 

 

Confort

 

Le casque ne se base sur aucun réglage manuel et opte pour une adaptation du bandeau via son élasticité. En d’autres termes, plus la tête est grosse plus le bandeau se distend. Et ce système fonctionne très bien, pour peu que (comme bien souvent) vous ne vous placiez pas dans un des deux extrêmes, les très grosses têtes où les très petites têtes.

 

Assez léger, ce casque ne sera pas un problème pour les cervicales, et le bandeau est suffisamment rembourré. De plus, les coussinets circum (entourant l’oreille) sont de bonnes qualités. Bref, pas de reproche surtout pour un tel prix ce qui est très rare.

 

 

Néanmoins, un défaut que l’on pourrait placer en parallèle avec le confort, le grincement du bandeau lors de mouvement verticaux de la tête. Cela s’explique assez facilement, le bandeau est fait de caoutchouc, recouvert d’une gaine de simili-cuir. Cette gaine se tend et se déplace pour s’adapter à la tête du porteur mais ne reste par la suite jamais totalement immobile, ne serait-ce que parce que la tête bouge. Les frottements générés ainsi entre le bandeau et sa gaine sont amplifiés par la structure du casque, d’où une sensation de grincement, particulièrement lors de montées et descentes d’escaliers. Rien de bien horrible en pratique, il faudra juste l’oublier pour pratiquer son footing, mais je ne conseille à personne les casques fermés pour le sport.

 

 

Isolation

 

Heureusement dans la très bonne moyenne. Bien sûr loin de ce qui existe dans l’intra ou le semi intra, même entrée de gamme, mais cela est le lot de tous les casques fermés de moins de 100 euros. Nous naviguons ici dans les eaux du Panasonic RP-HTX7, ce qui permet une utilisation correcte dans les transports en commun, d’autant que le son fuite très peu.

 

 

LE SON

 

 

Matériel de test

 

Ne changeons pas la recette gagnante, ce test s’est effectué à travers le Cowon s9 principalement, ainsi que le HiFiMAN HM801 et le Samsung Omnia 7.

 

Iron Maiden : for the greater good of god

 

Intro très correcte, assez large, la séparation des instruments est plutôt bonne, mais peu de casques se cassent les dents ici. On note tout de même facilement la présence des cymbales, chose plutôt rare sur les casques de cette gamme. Le morceau s’emballe et miracle, il semble tenir le coup. Pas le casque le plus dynamique du monde, mais pas de reproche particulier, la capacité de séparation est remarquable.

 

 

Ost ICO : you were there

 

Les aigus sont manifestement un des points forts, en atteste le niveau de détail tout simplement bluffant pour ce niveau de prix. La voix est assez chaleureuse, un peu trop d’ailleurs, car légèrement voilée ici. Le niveau de basse est très correct, et la qualité est là. La sonorité est très enveloppante sans pour autant s’éparpiller.

 

 

Buckethead : Big sur moon

 

Même constat globalement. Son très étendu et détaillé, la réverbération est bien rendue. Petite lacune dans les haut-médiums d’où un léger voile.

 

 

Deadmau5 : HR8938 Cephei

 

La structure du casque permet bien des choses, notamment une impression d’enveloppement très bénéfique sur ce style. Toujours très bon sur les basses sans exagérer le niveau.

 

 

Blind guardian : mordred’s song

 

Son très étendu sur les côtés, et manifestement les aigus sont soignés. Petite réserve sur la voix, sujette à un léger voile, typiquement une carence dans les hauts-médiums, parfois un débordement du reste du spectre. Le niveau de détail est vraiment saisissant pour un casque de ce prix.

 

 

Pete Yorn Scarlett Johansson: Wear and tears

 

Toujours aucun problème des côtés des détails et du positionnement des instruments. Pas de voile sur Pete, un peu sur Scarlett ce qui semble confirmer la lacune des hauts-médiums.

 

 

Cypress hill : Tequila sunrise

 

Pas exceptionnel sur le rap pour les afficianados. Le niveau de basses est pour moi suffisant même si un peu traînant. Certain préfèrerons un casque bien plus basseux, ici nous sommes proche de l’équilibre.

 

 

Emperor : into the infinity of the thought

 

Le black metal est un peu trop rentre dedans pour ce casque, plus à l’aise sur les styles étendus. Ses qualités sont bien réduites lorsque la scène sonore est autant projetée vers l’avant. Ce n’est pas une catastrophe, mais il manque un peu d’énergie, les haut-médiums rendent l’écoute cotonneuse. Sur ce genre de piste, une égalisation fait vraiment des miracles.

 

 

Two Steps from hell : freedom fighters

 

Pas de surprise, c’est excellent, très au-dessus de ce qui se fait dans cette gamme de prix. Un bon mixage lui permet vraiment de s’exprimer. Ses basses sont manifestement plus enveloppantes que claquantes.

 

 

The rolling stones : gimme shelter

 

Pas de ressentie du voile ici, ce qui est vrai pour pas mal d’enregistrements de cette époque à l’usage. Sans être au-dessus de tout le monde, il s’en sort encore avec les honneurs, la sonorité très chaude du morceau lui convient bien.

 

 

Analyse

 

Vous l’aurez vite compris, ce casque est surprenant à plus d’un titre. Je m’attendais au mieux à un bon casque de cette gamme, Phillips nous livre une vraie démonstration, si bien que rares sont les casques fermés de cette gamme à pouvoir l’égaler.

Un point important est tout d’abord sa polyvalence, car aucun style ne le met vraiment à terre. Son seul manquement est à chercher dans les haut-médiums, trahissant une incidence sur les voix et se répercutant sous la forme d’un léger voile vers l’avant.

Je ne suis pas un adepte inconditionnel de l’égaliseur, mais une petite hausse de niveau autour de 4Khz donne de très bons résultats.

 

Les basses, assez équilibrées, sont néanmoins tendant vers une approche enveloppante à défaut d’être rentre-dedans. Bon pour des styles comme le classique et quelques styles électroniques comme la trance, moins pour la branche Rap et Rnb.

 

Enfin, il est à noter que ce casque demande une certaine puissance. Pas démesurée bien sûr, mais généralement plus que la plupart des fermés nomades.
La comparaison sonore avec un certain Wesc Bongo (environ 2 fois plus cher) s’avère lapidaire pour ce dernier, incapable de rivaliser ne serait-ce que dans un seul domaine.

 

 

 

CONCLUSION

 

Décidé à s’aventurer dans les terres du design, Phillips signe une performance exceptionnelle que le prix ne pouvait laisser supposer. Quelques casques nomades de cette gamme (moins de 80euros) sont à même de le défier, mais seulement chez les concurrents historiques Sennheiser, Akg, etc… Pour le reste la concurrence est généralement bien loin.

Une réussite totale dans ce secteur de prix que Philips ne semble pas vouloir quitter, grand bien lui en fasse.

 

Image IPB

 

 

 

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.

Un trackback



 

Commentaires récents

 
   
Fermer
Envoyez le par e-mail