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Écrit par
Guillaume

Test Marshall Major

Vendredi 20 mai 2011 à 17:30 | Dans la catégorie Design

Introduction : Chargée de près de 50 ans d’histoire, la marque Marshall sentait le besoin de se renouveler, ou d’exploiter un filon juteux. Promesse du son rock 60-70, le Marshall pénètre dans une terre déjà surpeuplée de modèles plus ou moins ressemblants. Pari difficile, mais pas impossible.

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Marshall Major

 

Présentation

 

La gamme de casques Marshall ne compte pour le moment que deux représentants : Le Major et le Minor, tous deux présentés comme taillé pour le rock. Si l’aspect vintage et travaillé des amplis se retrouve avec le premier, l’intra Minor peine à s’en approcher.

 

Mais, ne grillons pas les étapes, car une chose est à signaler, ce casque n’a de Marshall que le nom. Pour le reste, tout est au crédit d’une marque Suédoise, ZoundIndustries, déjà célèbre pour avoir développé les produits de marques Urban Ears et Coloud. Raccourci facile hélas, et le design, même si très réussi, se rapproche dangereusement des Urban Ears plattan par exemple. Marshall, heureusement, n’a pas laissé faire aveuglement le constructeur Suédois, et le son très typé fut visiblement une prérogative. Reste qu’à 100 euros le casque, la concurrence est rude. Je n’aimerais pas en conclure que ce produit est le casque surcoté d’une marque qui ne s’est absolument pas impliquée, mais si cela est nécessaire.

 

Bref passons. Le design, effectivement très proche de bien des modèles, s’extirpe néanmoins de la masse en proposant un noir mat et sobre, loin de la tendance colorée du casque vintage et du revêtement clinquant des Monster. Seul AIAIAI et son TMA-1 l’a égalé sur ce point. De plus, plusieurs détails l’habillent de la petite touche Marshall. L’extérieur des coques finement craquelé, l’arceau armé de vinyle, ou encore l’intérieur des coussinets abritant un filet d’osier. A noter également, les lignes relativement carrées du modèle, là où la mode tend plutôt vers un arrondissement des formes. Dernière petite touche, le câble et sa très dispensable spirale, toujours exaspérante en nomade.

 

 

Caractéristiques

  • diamètre des drivers : 40mm
  • Réponse en fréquence :20-20Khz
  • Impédance : 32 Ohms
  • Sensibilité : 121 dB/mW
  • Poids : environ 175gr

Packaging

 

Je serais bref puisque la marque s’en réduit au strict minimum, et encore. Il n’y a en tout et pour tout qu’un unique adaptateur jack 3.5 vers 6.35mm. Pas bien sérieux, une housse de transport dans les mêmes tons aurait eu une classe certaine.

Fabrication

 

Sous-traiter à outrance est rarement une bonne chose, mais ce casque ne souffre d’aucun véritable défaut de ce type. Le design n’est pas nécessairement au-dessus des autres casques vintages, mais l’impression de solidité n’a pratiquement aucun équivalent dans le segment de moins de 100 euros, casques traditionnels inclus. Difficile de lui trouver un point faible car il n’y a tout simplement aucun jeu, ni sur les points de torsions ni sur la coque des écouteurs. Seul petit bémol, la grille en osier derrière les coussinets, probablement pas appelée à survivre des années, mais ce point n’est qu’esthétique.

 

 

Le bandeau, proche du Urban ears plattan, est néanmoins mieux fini car plus rembourré. Les coutures semblent de bonne facture, rien à redire ici. Les coques sont en revanche bien plus massives que ce qui se retrouve en équivalent design, même à ce prix la qualité n’est pas à remettre en question.

 

 

Ultra classique, le système de réglage de l’arceau est semblable à la plupart des modèles sortant de chez Zound Industries. Le principe est maintenant largement éprouvé, assez ferme sur le réglage et surtout pivotante. On peut ainsi replier facilement le casque. Le gain de place n’est pas faramineux, mais cela reste un gros plus.

 

Le câble enfin. D’apparence très solide, en particulier au niveau de la prise Jack. Celle-ci bénéficie en outre d’un système de ressort limitant la torsion du câble au niveau de la connexion.

 

En revanche, il est dommage que Marshall cède, même si par besoin d’authenticité, aux sirènes du câble spiralé. A n’en pas douter à la mode, mais peu adapté à l’usage nomade, encore que cette spirale soit relativement légère et discrète, le problème est donc secondaire.

 

 

Confort

 

Un des points les plus importants, et un peu délaissé par la branche design. Les coussinets (supra oral) sont une bonne surprise, car fait d’un similicuir très agréable, ni trop ferme ni trop mou. Tout irait pour le mieux si l’arceau ne compressait pas la tête de cette façon. Dommage, mais le niveau de serrage est effectivement trop important, même pour une relativement petite tête qu’est la mienne. La tenue est ainsi irréprochable, mais la gêne se fait sentir en moins d’une heure. Pas de problème en revanche sur de sommet de l’arceau, suffisamment large et rembourré.

Petite astuce tout de même, l’arceau étant faut de métal, il est assez simple de l’écarter à la main, réduisant ainsi le serrage, le tout est de rester mesuré.

 

 

Isolation

 

Serrage important, isolation importante ? En partie vrai, car l’isolation est très correcte. Exploitable dans les transports en commun sans anéantir les sons extérieurs loin de là, on est dans la bonne moyenne des casques fermés de cette gamme, sans pour autant surnager.

 

Bémol sur le civisme car le son fuit. Nous sommes loin de ce que donne un Beat Studio en la matière, mais à fort volume vous gênerez vos compagnons d’infortune dans le métro.

 

 

LE SON

 

 

Matériel de test

 

Testé à travers le Cowon S9 et le HiFiMAN HM801, le casque ne se comporte pas nécessairement mieux avec l’un ou l’autre. Ce casque étant ouvertement axé Rock, je baserai une bonne partie sur ce style, tout en testant un peu le reste.

 

Iron maiden : When the wild wind blows

 

Scène sonore visiblement portée vers l’avant. Le manque d’espace n’est pas flagrant, mais le niveau de détails est étonnement faible sur les côtés. La signature est très chaude, la voix bien retranscrite. Lorsque le morceau s’emballe, on remarque que la séparation des instruments n’est pas son point fort car plutôt brouillonne. Mais, si la signature est très lourde, elle reste étonnement appréciable. Pas son style de prédilection à n’en pas douter, mais les sensations sont là.

 

 

The rolling stones : sympathy for the devil

 

Morceau moins chargé en instrument et le Marshall préfère cela. La séparation est plutôt bonne ici. Pas de reproche particulier à vrai dire, les voix sont chaleureuses et les jeux de guitares tranchants et bien définis.

 

 

Deadmau5 : HR8938 Cephei

 

Semblable à bien des casques, appréciable mais pas transcendant. Si ce casque est assez chargé en bas-médiums, les basses sont sensiblement moindres.

 

 

Cypress hill : insane in the brain

 

Très bon sur les voix encore une fois. Morceau peu chargé et le casque s’en sort plutôt bien. Le niveau de basse un peu faible ne permet néanmoins pas de se sentir enveloppé, beaucoup feront mieux.

 

 

Vivaldi : été 3ème mouvement

 

Très voilé, le son est sacrément pataud. Pas désagréable en général mais sur le classique un tel manque de clarté ne pardonne pas. Pourtant le rendu sonore comme celui des violoncelles est vraiment bon, mais visiblement les fréquences se rentrent dedans d’une manière générale avec ce casque.

 

 

Jimmy Hendrix : Along the watchover

 

Un des premiers artistes Marshall à avoir popularisé la marque, normalement ce son est fait pour lui. C’est effectivement très bon, bien que les instruments soient un peu nombreux pour le casque. Pas de défaut sur la sonorité, le son est gras et très puissant, la voix assez bonne et les guitares tranchantes. Pas forcément le meilleur de la gamme mais parfaitement adapté.

 

 

 

Flotsam and Jetsam : doomsday for the deceiver

 

Mix très difficile au départ, projeté vers l’avant et peu détaillé. Mais bonne surprise, le Marshall s’en accommode bien, cela reste brouillon mais l’énergie est là, ce qui est rarement le cas.

 

 

Loreena Mc Kennitt : Penelope’s song

 

Toujours assez voilé, le son ne profite pas spécialement aux voix féminines. Beaucoup de nuances dans la voix mais l’ensemble est trop lourd.

 

 

The Allman brothers band : rambling man

 

Toujours cette sonorité assez chargée, mais le Major encaisse sans broncher et ne se fait tailler en pièce à la moindre difficulté. Appréciable encore une fois, il n’a pas d’autre défaut que sa sonorité voilée.

 

 

 

Analyse

 

Le constat est maintenant assez parlant, même si ce casque est difficile à cerner, très difficile même. Taillé pour le rock, il l’est, sa sonorité annoncée comme fidèle au son 60-70 n’est pas une promesse en l’air. Peut-on néanmoins le qualifier de bon casque pour un tel prix ? Tout comme les Beats ne sont bons que sur un seul style, le Marshall est assez proche de ce constat.

 

Mais le spectre des possibilités est bien plus large, ne serait-ce que parce que le rock, les genres et les sous-genres qu’il a engendré sont plus que nombreux. D’une manière général, le Major recherche un son puissant, à la fois gras et tranchant, si possible pas trop chargé en instruments et en voix féminines. Car le Major est un casque brouillon au sens audiophile du terme. Le niveau de détail n’est pas flamboyant et la séparation souvent en deçà des casques de cette gamme de prix. Oui mais, un casque nomade ne s’écoute pas tant pour son niveau de détail que pour sa signature sonore et les qualités qui en découlent. De ce point de vue Marshall réussit plutôt bien son coup. La signature, certes très orientée est de bonne facture. Le son est tranchant, mais défini, puissant mais maitrisé, ce que bien des casques peinent à faire.

 

Pour en arriver à un tel résultat, des concessions ont été faites. Il ressort tout particulièrement que ce casque est taillé pour les médiums et presque exclusivement les médiums. En dessous de 100Hz la baisse est importante, et au-dessus de 10Khz également même si cette dernière très mesurée voire commune. Cette mise en avant des médiums est néanmoins un bon choix en l’occurrence, les voix masculines sont réellement bonnes et pas le résultat d’une égalisation poussée. Les voix féminines, bien qu’agréables, sont toujours accompagnées d’un voile sonore.

 

 

L’espace sonore reste assez étriqué, d’autant que la scène est projetée en avant. Pas de manière exagérée, mais inutile de s’attarder sur ce casque pour les morceaux très amples. Le niveau de détails, bien qu’acceptable est en partie saccagé par la lourdeur générale du casque. Ainsi il ne sombre jamais de ce côté mais pouvait faire bien mieux.

 

Bref un casque très orienté, et même dans ses terres il n’est pas forcément le meilleur. A acheter en connaissance de cause donc. Typiquement le casque qu’on ne saurait noter.

 

 

Attention néanmoins, ce casque possède des pics très marqués vers 2Khz, et entre 6-10Khz. Ne pas se laisser aller à une euphorie musicale et ne pas hésiter à revoir le volume à la baisse, ces fréquences sont particulièrement agressives pour l’oreille.

 

 

CONCLUSION

 

Casque dont on pouvait craindre une exploitation abusive du nom Marshall, le Major est une bonne réussite dans le segment qu’il s’était fixé, à savoir le rock. Un peu cher certes, il se rattrape en proposant une finition et un design irréprochables, malgré un confort un peu approximatif. Pas pour tout le monde.

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.

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