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Écrit par
Guillaume

Test Koss Portapro

Mardi 31 mai 2011 à 17:00 | Dans la catégorie Non classé

 

Introduction : Alors que je vagabondais sur le site, je m’aperçus que le labo n’avait pas testé le Koss Porta Pro. Grave oubli, même si le forum possède quelques petites reviews en la matière. 27 Ans après sa sortie, cet objet est cultissime. Mais l’âge lui a-t-il conféré injustement un statut inattaquable ?

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Koss Portapro

 

Présentation

 

 

Présentation : Arrivé dans les premières heures du Walkman de Sony, le Koss portapro est sans doute le plus vieux casque encore en fabrication. Basé sur une conception simple mais efficace et solide, son succès lui vient également de son design avant-gardiste pour l’époque.

 

Pris entre les salves de marques comme Sennheiser ou Akg pour l’audio, et de l’offensive extrêmement violente des casques designs, le modèle de Koss semble arrivé en fin de carrière, tout du moins en fin de gloire. Son succès n’est plus aussi évident qu’auparavant, il fût une époque où il était à peu près le seul casque visible dans la rue.

 

 

Sa structure totalement ouverte est en revanche problématique à l’heure actuelle, les intras se sont démocratisés et surtout largement améliorés, le milieu urbain lui donne donc un handicap certain.

 

 

Son prix s’est néanmoins largement tassé, et le quelque peu exorbitant 80 Euros (En France) a laissé place à une moyenne de 35-40 Euros, il est même possible de le trouver à 25 Euros. Dernier point enfin et non des moindres, constituant la grande force de cette marque : la garantie à vie.

 

 

Caractéristiques

  • Réponse en fréquence : 15-25Khz
  • Impédance : 60 Ohms
  • Sensibilité : 101 dB/mW

Fabrication

 

Point à prendre sous plusieurs angles, la version testée étant récente (moins de 2 ans). Pourquoi plusieurs angles ? Parce que ce modèle n’est pas resté totalement identique durant 27 ans, quelques changements mineurs sont ainsi à observer. Le plus marquant et apparemment le seul depuis une dizaine d’années : le câble. Je n’ai pas toutes les versions sous la main, mais celui-ci est moins robuste dans ses dernières versions. A l’usage cela reste très honnête pour un tel prix, mais la connexion Jack est bien plus fine qu’elle ne l’était il y a encore 3 ou 4 ans. La plupart des versions étant auparavant dotées d’un Jack coudé, la norme semble maintenant être un Jack droit.

 

 

Oublions le câble et revenons sur la structure en elle-même. Le bandeau fait de 2 parties métalliques est une des grandes forces, l’ensemble est parfaitement robuste et étonnamment léger. Le reste est fait de plastique assez massif, et il n’y a globalement pas de faiblesse matérielle, chose assez rare dans cette gamme.

 

 

La structure est totalement pliable, l’arceau se recourbant et s’accrochant sur lui-même, ce qui en fait également un des casques les plus petits une fois cette manipulation effectuée. Il est bien sûr possible de le briser, mais ce ne sera à priori lors d’un usage normal (il y a des colériques).

 

 

Package

 

Très spartiate mais d’autres font bien pire. Celui-ci est livré avec un convertisseur Jack 3.5mm vers 6.35mm, ainsi qu’une housse de transport souple mais légèrement rembourrée.

 

 

Confort

 

Tout d’abord, ce modèle permet 2 réglages : Firm (ferme) et Light (léger). Le premier est une position standard, les oreillettes dans la continuité de l’arceau. Le second oriente les oreillettes légèrement vers l’extérieur, répartissant une partie du poids sur les mousses rectangulaires.

 

Ma préférence va au réglage Light, globalement plus agréable et de bonne tenue. Mais d’une manière générale, le contact des oreillettes finit par se faire sentir. Ce n’est pas là une pression exagérée mais la mousse ne semble pas assez dense, la partie plastifiée de l’oreillette finit alors par se deviner. Globalement, cette sensation n’est désagréable qu’après 1hr30-2hr suivant le réglage, ce qui est correct. De plus, le poids de l’arceau réduit largement la pression sur la tête.

 

Mais un point ternit le tableau, la structure double-coulissante de l’arceau. Très pratique, elle n’en reste pas moins un piège pour les cheveux, il n’est pas rare d’en laisser un après une écoute.

 

Isolation

 

Casque ouvert, structure supra et mousse, aucune surprise, nous sommes proches du degré zéro.

 

 

 

LE SON

 

 

Matériel de test

 

Utilisé à travers un Cowon S9 et également un Samsung Omnia 7. Quelques essais avec le Hifiman Hm801.

 

 

 

Iron Maiden : for the greater good of god

 

 

 

Ce n’est pas une surprise, même après toutes ces années le Portapro sonne lourd, mais pourtant pas étouffé. Cette signature ne plaira pas à tout le monde, mais en dépit de son orientation basseuse, le niveau de détail est très correct et la maitrise excellente. Les bas-médiums débordent un brin sur le reste des médiums, mais ce n’est pas problématique ici.

 

 

Ost ICO : you were there

 

 

Même en tant que casque ouvert, l’espace sonore n’est pas exceptionnellement large, loin de là. Pour le reste c’est très correct, voire très bon pour le prix. Les aigus sont perfectibles mais pas si atténués que ça.

 

 

Buckethead : Big sur moon

 

 

Pas une démonstration loin de là. Pas de réels défauts mais une lourdeur marquée, un peu pesante à la longue. En revanche, sa sonorité très organique retranscrit bien les petites nuances.

 

 

 

Deadmau5 : HR8938 Cephei

 

 

Même si l’on reste plus aéré que des casques comme le V-moda Vibe ou le Monster Solo, le pic manifeste dans les bas médiums peut rapidement fatiguer. Pas d’autre défaut sinon.

 

 

Blind guardian : mordred’s song

 

 

Tant que les basses ne sont pas trop mises en avant ce casque se contient à peu près. La scène sonore est sur ce morceau plutôt projetée vers l’avant, ce qui convient relativement bien au casque. La séparation des instruments aurait pu être meilleure, mais les basses osnt pour une fois bien mesurées et l’ensemble du spectre s’exprime, excepté les voix un peu voilées, il y a manifestement un petit creux dans les haut-médiums.

 

 

Pete Yorn Scarlett Johansson: Wear and tears

 

 

La ligne de basse est un peu trop appuyée ce qui déséquilibre l’écoute. Le reste est au niveau, encore ce léger voile en revanche.

 

 

Cypress hill : Insane in the brain

 

 

Basses déjà sur-mixées, le Koss portapro donne un résultat vite fatiguant. Sur ce type de morceau cette orientation est suffisamment importante pour ruiner l’écoute, même s’il en faut pour tous les goûts.

 

 

 

Emperor : into the infinity of the thought

 

 

L’Ecoute très brouillonne au départ n’est pas réellement plombée par le casque. Petit surplus d’assise qui n’avait pas lieu d’être, pour le reste il ne fait pas de miracle.

 

 

Two Steps from hell : freedom fighters

 

 

Musique orchestrale assez chargée, mais le Koss porta pro est plus à l’aise avec les basses un peu trainantes que les rythmiques très marquées. L’équilibre est plutôt bon, mais l’espace sonore n’est pas non plus exceptionnel. C’est un bon casque par défaut ici, les concurrents de moins de 40 Euros ne sont pas légion, près de 80 Euros aurait compliqué les choses.

 

 

The rolling stones : gimme shelter

 

Tout comme le Marshall Major, le PortaPro aime bien ce style, avec néanmoins un surplus de basses que le Marshall n’a pas et qui était grandement indispensable.

 

 

Analyse

 

Globalement passe-partout, le Koss a ses adeptes et ses ennemis. Globalement bon sur la plupart des points comme les détails, la séparation et dans une moindre mesure sur l’espace sonore, il reste très orienté vers les basses. En effet, à l’instar de pas mal de casques modernes, Le portapro inaugurait déjà la fameuse signature bosselée dans les bas-médiums, globalement autours de 100Hz. Sans être réellement atténuée dans les aigus, cette signature souffre d’une présence pesante de ses basses, plus ou moins envahissantes suivant les styles ou le placement des instruments.

Les bass-lovers apprécieront ce casque pour le Rap et musiques électro, mais l’écoute provoquera vite un mal de crâne pour les autres. Le rock, hard-rock et métal restent probablement les meilleurs styles, l’essentiel des basses étant généralement projeté vers l’avant. Pour le reste c’est assez aléatoire, la signature très chaude, que d’aucuns qualifieront d’organique, n’est jamais agressive ni totalement inécoutable, et les sensations d’écoute placent ce produit dans une catégorie de bons casques, il possède des aptitudes que l’immense majorité des produits de son prix ne font qu’effleurer.

Après toutes ces années la bête a vieilli, c’est une évidence, des modèles comme les PX100 ou les récents AKG font mieux. Oui, mais il faut prendre en compte le prix. A 70-80 il ne serait qu’un ancien totalement dépassé, à 25-40 il reste une excellente affaire, probablement une des meilleures que l’on puisse trouver.

 

Dernier point, l’égalisation est très performante. Il est généralement plus facile de corriger un excès qu’une lacune et ce point améliore grandement les performances, la simple correction des basses va d’une petite sensation de clarté jusqu’à une redécouverte du morceau. Point à prendre en compte, ce qui montre qu’après tout ce temps, le driver du portapro reste excellent, mal réglé certes mais au-dessus de beaucoup de modèles.

 

 

CONCLUSION

 

Comment se porte l’ancêtre ? Plutôt bien à vrai dire. Les années se sentent mais le prix est maintenant moindre, et les concurrents de cette gamme ne se bousculent pas. Il serait malgré tout temps pour Koss de se reprendre, la marque comptant davantage sur ses légendes que sur de nouveaux modèles.

 

Image IPB

 

 

 

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.

 

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