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Écrit par
Guillaume

Test Audio-Technica ATH-W1000X

Jeudi 15 septembre 2011 à 18:50 | Dans la catégorie casque

 

Introduction : Deuxième modèle du très haut de gamme W d’Audio Technica, le W1000X s’établit juste derrière le W5000. Bien qu’il ne puisse pas le concurrencer en termes de prix, son aura est au moins aussi grande, ce qui est sans doute imputable à la personnalité un peu effacée de son grand frère (test ici). Il faut plus qu’un bel objet pour faire un grand casque, voyons voir ce que la bête a dans le ventre.

ath_w1000x.jpg

Audio-Technica ATH-W1000X

 

Présentation

 

Le W1000X n’est pas sorti de terre du jour au lendemain, du moins pas complètement, son histoire est avant tout dans son prédécesseur, le W1000. Les changements cosmétiques sont assez faibles mais plutôt heureux (en délaissant légèrement le côté pailleté du plastique), et les drivers ont été repensés (du moins améliorés). Ainsi, on pourrait placer les W1000X comme le logique 3ème meilleur modèle historique de la marque, en dessous des W5000 et surtout des légendaires L3000, lesquels sont néanmoins arrêtés depuis de longues années. Mais, chronologiquement, les W1000X sont bien les derniers haut de gamme, les W5000 étant sortis en 2005.

 

D’un point de vue esthétique, ce modèle est une réussite totale, mélange de métal et bois de cerisier jusqu’à la plus petite finition (exemple sa prise Jack). Certains trouveront sans doute le rendu trop clinquant, mais le haut de gamme de la marque est ainsi fait. Il n’y a, de toute façon, aucun équivalent en termes de rendu, et aucune marque ne semble autant associer la notion d’œuvre avec celle de vecteur sonore. Le très haut de gamme est souvent irréprochable en terme de fabrication, mais loin d’être aussi beau.

 

 

Caractéristiques

  • Réponse en fréquence : 5-42Khz
  • Impédance : 42Ohms
  • Sensibilité : 100 dB/mW
  • Poids :350gr

 

 

Fabrication

 

Quasi irréprochable. Difficile de trouver une véritable faiblesse, même en prenant en compte sa catégorie de prix. Tout parait léger et pourtant bien en place et sans aucun jeu, le câble est épais et sa prise Jack proche de la perfection. L’arceau de type 3D Wing est le seul élément véritablement plastique, mais extrêmement massif et en progrès par rapport à la première version W1000.

 

 

 

 

 

Confort

 

A la fois excellent et un peu trop souple. En effet, ce type de serrage agit sur une sorte de contrepoids, il s’adapte ainsi à la pression de la tête. Aucune sensation désagréable donc, mais il faudra faire attention également au manque de fermeté que cela implique. Ainsi, à la différence de ce qui se fait par exemple chez Sennheiser et ses HD600 et 800, le W1000X, tout comme le W5000, demande de rester relativement immobile.

 

 

Bien que de conception fermée, ce modèle laisse largement respirer. Votre entourage entendra facilement la musique, de même que l’isolation sera très faible. Après tout c’est un casque de salon.
Quid du poids ? Assez important. Inférieur à ce qui se fait dans les récents Orthodynamique, mais la densité du bois se fait sentir après 2heures d’écoute, l’avantage est encore ici sur le 3D Wing, permettant de répartir parfaitement le poids. Rien de dramatique donc, d’une manière générale ce casque est un exemple.

 

Amplification

 

Souvent un point faible pour les casques hifi, ce modèle est heureusement très peu gourmand, il s’agira donc davantage d’une affaire de synergie. De ce côté, avant le test sonore détaillé, ce produit est comme beaucoup de boisés, très typé. Il faudra donc l’acheter en connaissance de cause, un grand casque n’est pas forcément un casque éclectique.

 

Néanmoins, les champs d’amplifications sont larges, le seul mauvais combo sera sans doute l’association avec un ampli lampe entrée de gamme, souvent bien trop pataud. Un des meilleurs rendus sera avec un bon hybride ou un Transistor par trop agressif. Je n’ai jamais eu de rendu catastrophique, et même le HM801 ou le HiSound Studio V permettent déjà d’en profiter.

 

LE SON

 

 

Matériel de test

 

Son
Ce test a été effectué à travers une configuration sédentaire Dac Quattro et Graham Slee Solo (meilleur que le novo), ainsi que sur une config semi-sédentaire avec le HM801 et le HiSound Studio V.

 

Iron Maiden :When the wild wind blow

 

Son très rond et chaleureux, pas étouffant néanmoins. Niveau de basses relativement élevé, ces dernières enveloppent énormément sans pour autant baver. Ce style n’est visiblement pas le meilleur pour lui mais pourtant le rendu reste très bon et très énergiques.

 

 

Army of the Pharaohs : batle cry

 

Que dire ? Ce style convient à la plupart des casques, le W1000X ne fait pas vraiment exception mais il n’y a pas de magie. Le gros beat qui tache n’est pas sa tasse de thé malgré un niveau élevé. Un peu trop de rondeur.

 

 

Armin Van buuren : orbion

 

Pas très loin, mais le mixage très clair laisse une bonne impression. On trouvera meilleur, mais paradoxalement il est, en terme de sensation, dans les meilleurs de sa gamme de prix. L’impression d’espace est excellente pour un fermé. Le niveau de détail n’est quant à lui pas incroyable mais très correct.

 

 

Return to forever : Duel of the Jester and the Tyrant

 

Très bon, nous tutoyons ce qui se fait de mieux en la matière, la rondeur du modèle laisse le morceau parfaitement s’exprimer. Il n’y a, à ce niveau de prix, pas vraiment de concurrent. On pourra préférer une approche plus claire, dans les médiums notamment, mais le rendu est subjectivement sans réel reproche.

 

 

The doors : People are strange

 

Pas de problème également, la basse pourra sembler trop ronde pour certains mais la clarté est malgré tout là, les aigus n’ont pas été délaissés.

 

 

Loreena McKennit : Penelope Song

 

Un des morceaux sur lequel ce casque brille vraiment. La voix est absolument superbe sur ce modèle. Quelques excellents modèles comme le K701 et une très bonne amplification s’en approchent, mais dans un rendu différent, plus clair et moins doux.

 

 

Danny Baranowsky : Can o’salt

 

Faculté assez impressionnante d’adaptation aux différents styles. Pas le meilleur en revanche, bien des casques sont plus claquants. La force du modèle est sa capacité d’immersion, les basses bénéficient d’une ampleur bien supérieure à ce qui se fait dans cette gamme.

 

 

Beethoven : 6ème symphonie

 

Le classique reste un des styles les plus adaptés. Le rendu est très difficilement égalable, excepté pour des modèles de très haut de gamme. Il y a des défauts, certains modèles sonneront plus détaillés, parfois un peu plus large, mais en immersion pure il est excellent.

 

 

Emperor : into the infinity of thoughts

 

Petite boucherie en règle. A moins de posséder un modèle incroyablement claquant et porté vers l’avant il n’y a rien à faire. Ce W1000X ne correspond ni au premier ni au deuxième point, il n’y a donc pas grand-chose à sauver. Sa signature chaleureuse lui permet de ne pas sonner désagréable, ce qui est un constat général sur le casque.

 

 

Alex parker : Almost Martyrs

 

Deuxième type de classique, plus aéré et grandiloquent, sans doute encore meilleur. Pas de chose qui n’aurait déjà été évoquée, c’est excellent.

 

 

Analyse

 

Pas si éloigné du W1000, mais incontestablement supérieur, amélioré plutôt. La sonorité est, sans trop de surprises, toujours très chaude et chaleureuse, marquée par une sorte de ronronnement constant. L’apport du bois est indubitable sur sa signature.
Ce qui est une force peut aussi s’avérer une faiblesse, son rendu est nettement supérieur dans les styles comme le Jazz, pour lequel il reste une référence. Le classique pourra également être considéré comme un de ses meilleurs styles, sous réserve d’apprécier sa coloration, il est compréhensible de préférer un K701 ou un HD600 dessus.

Il est néanmoins amusant de constater une adaptation à la plupart des styles. Dans de tels cas, il faudra s’extraire d’une pensée froidement audiophile. La reproduction peut avoir une certaine puissance et une certaine énergie, mais en gardant une approche assez ronde, la sonorité est alors particulière mais pourtant très bonne dans la majorité des cas. Ainsi la majorité des styles seront bien retranscrits, du métal au classique, la quantité et l’énergie des basses permettent sans doute une telle adaptation, néanmoins la petite baisse dans les haut-médiums l’empêche d’exceller dans les styles vraiment tranchants.

 

La reproduction des voix. Assez bonne, plus encore qu’avec son prédécesseur. De ce côté, malgré les qualités évidente du W5000, je préfère (de mémoire néanmoins) d’assez loin les W1000x. Il ne faudra néanmoins pas s’attendre à une reproduction neutre. Les voix sont chaudes, plus colorées qu’au naturel, il faudra donc l’accepter. Ne considérant pas la hifi dans une approche monitoring cela ne me pose pas de problème, mais un modèle comme le K701 ou ce qui se pratique chez Beyer seront bien plus proche de la réalité.
D’un point de vue technique, bien qu’il n’y ait pas de grosse carence dans telle ou telle gamme de fréquence la signature est prononcée. Une certaine atténuation dans les haut-médiums, d’où un son manquant de tranchant voire de clarté par rapport aux meilleurs, mais également une poussée dans les basses et dans les aigus. Nous sommes assez proches d’une signature en V classique, à la différence la gamme accentuée est celle des aigus et non des haut-médiums.

 

Ce casque vaut–il pour autant son prix ? D’une manière générale oui. Car en plus d’être supérieur à la moyenne sur le plan de la construction, il est fait incontestablement partie d’une autre gamme que les pourtant excellents Sennheiser HD600, Akg K700 ou Beyer DT880. Il y a, dans ce casque, quelque chose de supérieur, un rendu bien plus agréable.

A ce niveau de prix, il se fait doucement chatouiller par la véritable armada du très haut de gamme : HD800, T1, D7000, Edition 10, PS1000, HE500 et HE6. Seulement, le point fort du modèle est double : son prix et son besoin alimentation. Le premier est évident, ce casque navigue quelque part entre le haut de gamme et le très haut de gamme, dans des prix assez peu concurrentiels à l’heure actuelle.
D’autre part, il reste bien plus simple côté amplification. Les Orthodynamiques ou même le Sennheiser HD800 sont des modèles pour lesquels l’amplification est tout simplement primordiale, et extrêmement influente sur le rendu final. Ici le problème est moins grave, les baladeurs audiophiles récents sont parfaitement capables de s’en charger. Néanmoins, un bon ampli comme le Solo lui permet de gagner en maîtrise.

 

Des Améliorations ?

 

Oui et non, les points mis en avant ne sont généralement pas sujets à reproche. Sa sonorité paraîtra trop coloré pour qui recherche un casque fidèle à l’enregistrement, de même qu’il paraîtra un peu trop rond dans les basses. Une petite hausse dans les bas-médium lui aurait sans doute fait gagner en clarté pour les styles vocaux, et en tranchant pour les styles agressif, mais sans doute au détriment d’autres points, comme sa bonne adaptation sur des enregistrements moyens.

 

Pour qui ?

 

Les amoureux de Jazz en premier lieu, puis très légèrement derrière le classique, viennent ensuite la plupart des styles, avec des fortunes diverses. Pour être honnête, il y aura mieux dans les autres styles, un casque comme le HD600 s’en sort bien mieux sur les styles tranchants par exemple, de même que certains morceaux très larges et planants seront plus agréables sur le K701.
D’une manière générale, et en laissant de côté une analyse trop froide, ce modèle tente toujours de rendre vivants les morceaux, il possède des défauts mais ne sonne jamais ennuyeux ni agressif.

 

 

CONCLUSION

 

Difficile de percevoir la Gamme W d’audio Technica seulement comme une gamme de casque. Ces produits proches de la notion d’œuvre d’art sont incontestablement un argument marquant, si bien qu’il est difficile de s’en séparer. Heureusement, ce facteur n’en est qu’un parmi d’autres, et le son de ce W1000X n’est pas en reste. Pas suffisant pour vraiment se battre contre le très haut de gamme, mais ce modèle oscillant entre plusieurs univers est incontestablement dans l’excellence

 

 

entre Image IPB
etImage IPB

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.

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