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Écrit par
Guillaume

Test V-Moda Crossfade M80 / V80

Mardi 22 novembre 2011 à 17:00 | Dans la catégorie casque

 

Introduction : Plus qu’un casque, le Crossfade de V-Moda est avant tout un de ces designs immédiatement reconnaissable tant il est éloigné des productions actuelles et des nombreuses copies qui en découlent. Si le premier du nom, à savoir le LP, ne m’avait vraiment pas convaincu, le M-80 et sa déclinaison True Blood V-80 (laquelle sera comprise dans le même test, étant rigoureusement identique à quelques points esthétiques près)  sont en quelques sortes un nouveau départ tant les prétentions Hifi sont affichées. Un pari enfin réussi ou une semi-déception de plus ? C’est ce que nous allons voir.

m80.jpg

V-Moda Crossfade M80 / V80

 

Présentation

 

 

Il n’y a pas en soit de révolution avec le V-Moda M80. Celui-ci reprend pratiquement tous les traits de la version Crossfade LP avec néanmoins un rapport de taille sensiblement plus faible, une structure supra, mais également une approche plus mat des parties métalliques. Ainsi, je trouve le design plus réussi encore, celui-ci restant dans l’approche futuriste mais pas clinquante. Ce principe est d’ailleurs reprit dans la version Crossfade LP2, itération du premier modèle Circum de la marque, mat au lieu de brillante, mais aussi annoncée comme plus équilibrée que la première version. A voir.
Sur la forme, avant de rentrer dans les détails, il n’y a pratiquement rien à redire, le sérieux semble encore une fois au rendez-vous, le package est très complet et la housse rigide de transport tout simplement sans équivalent en terme de sérieux. La marque met en avant, comme avec le LP, un MIL-STD-810G, qui n’est rien d’autre qu’une méthode de test de résistance militaire. Celle-ci est n’étant pas une norme mais uniquement une méthode, il est difficile de la prendre pour argent comptant.

 

Fabrication

 

Comme le grand frère, difficile de trouver ne serait-ce qu’un seul reproche. Les parties métalliques sont extrêmement solides et la coque en plastique massif ne souffre d’aucun jeu. L’arceau permet une excellente marge de torsion, ce qui le rend virtuellement (presque) incassable, excepté par malveillance.
Câbles détachables et gainés de kevlar. Un des câbles est doté d’un simple bouton, fonctionnant normalement avec la totalité des smartphones, l’autre disposant également d’un bouton central mais aussi d’un contrôle de volume. Bref, la marque a pensé à tout, sauf peut-être à certains lecteurs. Je m’explique. Un câble avec télécommande possède toujours 4 et non 3 connexions, ce qui se répercute sur la connexion jack en divisant la taille de la partie allouée à la masse par deux. Cette partie dédiée à la masse est parfois très courte côté lecteur, ce qui entraine des faux contacts ou même une connexion perpétuellement mauvaise (exemple : fonctionnement d’un seul canal ou sensation d’éloignement du son). Cela n’est après tout pas dramatique, les cas sont rares et le câble est un jack 3.5mm standard.

 

 

 

 

 

Confort

 

Qui dit supra dit souvent confort inférieur au Circum. Cela est vrai encore une fois, mais même si le M80 est moins bon que le LP, il reste bon et surtout ne se dégrade pas même après plusieurs heures, le serrage n’est pas trop important et les coussinets suffisamment doux. Le tenue n’est pas aussi bonne que sur un HD25 par exemple, mais l’impression de compression du crane (le terme est un peu fort) est bien moins importante. Bon pour un Supra donc, pas exceptionnel pour un casque en général.

 

 

Isolation

 

Premier défaut du modèle qui pourtant affichait une structure Fermée. Celle-ci, bien qu’effectivement fermé, s’appuie sur un système d’évents la coques, caractérisée par la présence de trois petites aération en bas de la plaque métallique. En résulte non pas une fuite du son, qui reste relativement confiné à l’utilisateur, mais bien une isolation assez faible, plus faible que le HD25, le TMA1 ou même le Monster Solo. Nous sommes ici dans les eaux d’un Wesc Bassoon, à peu de choses près. La plupart du temps le niveau est malgré tout suffisant, comme d’habitude seuls les transports en communs poseront problèmes, ce qui est déjà pas mal.

 

 

LE SON

 

 

Matériel de test

 

Testé avec un Cowon S9 et un Samsung Omnia 7 la plupart du temps, ainsi qu’un Hifiman HM801 en sédentaire.

 

Armin Van Buuren : Orbion

 

 

Immédiatement la différence est là par rapport au précedent Crossfade. Ce M80 est largement équilibré et le niveau de basses reste mesuré. On note tout de même un petit pic dans les bas médiums autour des 80-100Hz ce qui donne de la patate au morceau. Les haut médium sont bien là et la clarté du morceau est respectée. Beaucoup de naturel (même si musique électronique) dans les rendus d’instruments, excellent niveau de détails et bonne sensation d’espace sonore. Très bonne copie.

 

 

Norah Hones, light as a feather :

 

Une des forces de ce modèle réside dans ses médiums, lesquels sont chaleureux et naturels. Pas une grande extension dans les basses et dans les aigus en revanche même si très correct, le niveau de détails est ici très bon mais pas incroyable.

 

 

 

 

 

Queen, Breakthru :

 

 

 

Étonnamment, on demanderait presque un peu plus de basses ici, les hauts médiums étant plus prononcés sur ce morceau. Le tranchant est là et la séparation des instruments sans reproche, il manque seulement un petit peu de puissance pour égaler le HD25 sur ce morceau.

 

 

Queensrÿche : the needle lies

 

Beaucoup de patate et de maitrise sur ce morceau, petit semblant de signature en V dans les médiums. L’enregistrement n’est pas exceptionnel mais le modèle s’en tire très bien en retranscrivant le morceau avec du tranchant. Excellent jeu de guitare, parfois même un peu agressif. Le rendu est assez différent du HD25 et sans doute un peu au dessus, ce dernier ayant un pic un peu plus bas, laissant une impression un peu plus lourde mais également moins agressive. Chacun y trouvera son compte.

 

 

 

 

 

Jeremy Soule, oblivion, Wings of Kynareth :

 

 

 

Un des rares modèles sachant gérer le style classique, très aéré qui plus est. la structure semi-ouverte du modèle s’exprime vraiment. L’espace sonore est assez large mais surtout très profond et très détaillé, assez rare pour un casque nomade, d’autant plus de cette taille. Le hd25 se fait enterrer sur ce style, le Wesc Bassoon est à peu près au même niveau, plus étendu sur les aigus mais un petit peu moins précis dans les haut médiums, légère préférence pour le M80. D’une manière générale ces deux modèles surnagent clairement.

 

 

 

Coolio, gangsta’s paradise :

 

Il est assez perturbant de savoir que le Crossfade LP et le Crossfade M80 sont issus de la même marque tant la maitrise du bas du spectre est à des années lumières. Là où le LP ouvrait les vannes sans aucun contrôle, le M80 reste parfaitement détaillé sur toutes ses fréquences. Le niveau de basses est correct et les médiums s’expriment. Pas grand chose d’autre à signaler, ce morceau reste relativement simple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emperor : the nightside eclipse

 

 

 

Un des morceaux tests pour les enregistrements difficiles (pour être poli). Sans être fabuleux, le M80 accepte visiblement la difficulté. Le rendu étant suffisamment profond, le style passe plutôt bien et le tranchant est là. Meilleur que le Bassoon ou le HD25, ce dernier sonnant un peu empaffé.

 

 

 

 

King Crimson : epitaph

 

Moins bon sur les cymbales que son concurrent le HD25, il est également un peu plus clair et précis sur ce morceau, particulièrement sur les voix, lesquelles sonnent un peu trop boueuses sur le Sennheiser (l’enregistrement n’aidant pas).

 

 

 

 

 

Analyse

 

Pas si simple de rendre une analyse du M80/V80 tant celui-ci est un caméléon. Tout d’abord, il est difficile de tirer un genre réellement meilleur qu’un autre, celui-ci est l’exemple même du casque polyvalent. Disons néanmoins qu’il tire certaines de ses forces des lacunes de ses adversaires, à commencer par les styles vocaux ou très larges comme le classiques. Si son espace sonore n’est alors pas le plus large du genre, il est sans doute l’un des plus profonds. Il n’y a jamais, ou presque jamais, de sensation de manque dans un style ou un autre.

 

 

 

Commençons par la signature. Celle-ci est relativement équilibré, presque plate, avec de légers pics dans le haut médium et le bas médium, mais sans pour autant le décrire comme une véritable signature en V. On retrouve ainsi une impression de clarté. Le bas du spectre est légèrement atténué ce qui ne donne pas cette rondeur caractéristique que possède le HD25 ou, de façon plus exagérée le TMA1. De même, il y a également une atténuation passée les 10Khz, d’où ce manque de scintillement sur certains instruments comme les cymbales, là où le HD25 justement reprend de la force. Ce dernier est ainsi assez proche dans l’idée, mais avec des pics plus marqués et dans des fréquences plus extrêmes (typiquement plus bas et plus haut, bien proche d’une signature en V), ainsi le M80 se concentre davantage sur les médiums et reste bien meilleur sur ce registre.

 

 

 

On peut qualifier ce casque de polyvalent, il y a d’ailleurs peu d’équivalents pour qui a des exigences larges. Ce modèle est d’autant plus surprenant quand on connait le précédent Crossfade. Ainsi la marque place place avec le M80 / V80 un excellent modèle, de très loin le meilleur de la marque, et sans problème l’une des références de cette gamme de prix. La suprématie du HD25 ne cesse donc de s’effriter avec ce type de modèle, et il serait dommage de se servir de son ancienneté comme d’un bouclier, le Bassoon, le M80, le HD25, difficile de voir un modèle vraiment inférieur.

 

 

CONCLUSION

 

 

Le fond et la forme. V-Moda sort enfin la référence qui lui manquait et qui pourra, immanquablement, le réconcilier avec le public audiophile. Difficile de voir en ce M80 un frère du LP tant la qualité sonore est supérieure et la maitrise aux antipodes. Design, extrêmement solide et très polyvalent, ce modèle ne pêche vraiment que sur l’isolation, pour le reste c’est un sans faute.

 

 

 

 

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.

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