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Écrit par
Guillaume

Test Colorfly C4

Mercredi 4 avril 2012 à 18:46 | Dans la catégorie Autres marques

 

Introduction : Un temps la seule réponse au très haut de gamme Hifiman HM801, le Colorfly C4 n’a pourtant pas connu le même destin, la faute sans doute à son arrivée plus tardive. L’univers du baladeur audiophile évoluant excessivement lentement, aucuns des deux ne peut être considéré comme réellement obsolète, la comparaison est donc aussi pertinente qu’il y a 2 ans. Découvrons en détails ce très étrange C4.

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ColorFly C4

 

Caractéristiques

 

 

  • Mémoire : 32Go
  • Poids : 259gr
  • Connectique :
    • Jack 3,5
    • Jack 6,35mm
    • USB
    • Entrée coaxiale
    • Sortie Coaxiale
    • Micro SD
  • Formats audio :
    • mp3
    • Flac
    • APE
    • WAV
  • Performances :
    • CIRRUS LOGIC CS4398
  • Source d’alimentation :
    • Batterie : Lithium-ion
    • Secteur : Chargeur type Usb

Déballage

 

 

Premier constat, la marque Colorfly va au plus simple dans son package, nous sommes loin de la boite grinçante et d’une qualité douteuse du HifiMAN. Ici seulement du carton, une boite aux dimensions standards, dans une qualité standard, pas franchement sérieux pour un modèle dépassant les 600 Euros, mais est-ce vraiment important.

 

A l’intérieur, la présentation est simple et épurée comparé à son concurrent, le baladeur est visible immédiatement, reposant sur un premier niveau, lequel se soulève pour dévoiler le reste du package.

 

 

Inutile d’espérer une déferlante d’objets, l’objet ne demandant après tout que des câbles, une alimentation, et si possible une housse. Presque bon puisque nous retrouvons bien une housse semi rigide assez pratique à l’usage, ainsi qu’une alimentation avec connecteur Usb. Nous reviendrons sur ce dernier point, mais il me parait essentiel par rapport au concurrent.

 

 

Le baladeur

 

Le genre de design que l’on aime ou pas, mais qui, d’une manière ou d’une autre force un peu le trait sur le côté vintage, voire steampunk. Le baladeur est suffisamment atypique, nous ne sommes donc plus à ça près.

 

Les dimensions sont comparables à ce qui se fait sur le HM801, un poil plus importantes même bien que cela ne soit pas préjudiciable.

Le gros changement vient de l’utilisation du bois pour la majeure partie de la coque. Le choix ravira certains pour des raisons esthétiques, mais il donne surtout une bien meilleure impression de solidité. On ne déplore ainsi aucun jeu ou grincement, assez loin du HifiMAN et sa coque totalement modulaire.

 

N’allons pas jusqu’à dire que la fabrication est exemplaire, ce serait une première pour les baladeur audiophile. Ainsi la plaque laitonnée, bien calée sur la façade, laisse apparaitre quelques approximations sur la partie connecteur, caractérisés par de petits espaces entre elle et la partie boisé. Je n’ai pas vu d’évolution ni observé de problème, mais il fallait le signaler.

 

 

 

Le produit est, contrairement au concurrent, bien mieux pensé sur la disposition des boutons et des connecteurs. Là où le plus ancien frôlait l’empirisme, le Colorfly regroupe tout sur une des faces, et dispose les boutons et les réglages sur la façade. Incomparablement plus simple en pratique.

 

 

La façade dispose d’un écran, centré mais de taille ridicule pour notre époque, encore que bien suffisant pour la navigation, d’un contrôle de volume, et de la totalité des boutons d’interface.

 

 

La qualité de ces boutons est simple, totalement plastique bien sûr, mais occupant l’espace de façon cohérente.
Une face est dédiée à tout le reste, connecteurs et extension micro SD, ainsi que le bouton reset, indispensable pour ce genre de matos.
Enfin, un brin de coquetterie avec la face arrière, représentant le logo gravé de la marque, plutôt élégant.

 

 

Batterie

 

Seul véritable bémol pour le moment, la batterie n’est pas remplaçable, du moins pas de façon classique en relevant un clapet. L’alimentation en revanche est largement simplifiée, cela pour une raison, la consommation du dac et cela traduira par la suite la grande scission entre Colorfly et HifiMAN.

 

 

 

HifiMAN a en effet pris un pari étrange, axé autour d’un dac Bur Brown éprouvé mais extrêmement énergivore, d’une conception ancienne, sans fonction avancée de surréchantillonnage, le meilleur dac du marché il y a une dizaine d’année. Colorfly a pris le pari inverse avec un modèle très récent, bien moins gourmand, mais aussi très compliqué à maitriser. Ainsi, la puissance d’un simple port Usb (5V) suffit pour une recharge, là où le HifiMAN demandait un chargeur plus ou moins trafiqué et titanesque de 18V.

 

La recharge complète est en revanche assez longue. Je n’ai pas eu les yeux rivés sur le chrono, mais on dépasse les 4hr.

 

Ergonomie/Navigation

Certaines légendes circulent à propos du HM801 de HifiMAN, dont l’ergonomie pouvait rendre fou plus d’un maitre du zen. D’aucuns affirment que c’est une perpétuation de la torture à l’oriental et de la cruauté qui en découle, d’autres que l’interface fut confiée à un stagiaire en photocopie et café, certaines autres que le chat du patron se serait endormie sur le clavier. Bref, tout ça pour rappeler qu’en matière d’ergonomie, les baladeurs audiophiles sont des représentations du malin.

 

Une exception avec le Colorfly ? Pas vraiment, mais il est important de préciser que l’interface en elle-même est (relativement) cohérente, basée sur une arborescence plus simpliste et plus efficace que le concurrent.

 

 

 

Le premier contact avec l’interface est la bibliothèque en mode dossier, celle-ci n’est d’ailleurs accessible que de cette façon, les rangements en artistes ou autres ne sont visiblement pas possibles. Sur ce plan là tout est très simple, les boutons haut et bas permettent de remonter ou descendre, le bouton central rentre dans le dossier sélectionné, la flèche de retour revient au dossier parent. Cela quel que soit le niveau d’arborescence. La sélection d’une piste bascule l’interface en mode lecture, la flèche de retour permet de revenir à l’arborescence supérieure sans entraver la lecture. Une pression sur le bouton central met la piste en pause.

 

Cette interface de lecture est extrêmement épurée, mais affiche suffisamment d’informations et reste claire, on regrettera une barre de progression trop petite, ainsi qu’un semblant de vumètre sans intérêt.

 

 

 

La lecture d’une piste est classique, les flèches droite et gauche passent ou reviennent d’une piste ou, par pression prolongée, incrémentent la lecture ou le retour par saut de 10 secondes.

 

On retrouve également 2 boutons en bas à gauche, une note de musique et un étrange src. Le premier permet de basculer dans les différents modes d’égalisation, dont aucun n’est personnalisable, le second permet de changer, au besoin, le mode de sampling du produit, bien qu’en pratique il n’y a pas de miracle. Il est possible, pour une piste classique en 16bits/44,1Khz, de pousser l’upsampling jusqu’à 192Khz.

 

 

 

Enfin, dernier point pour l’arborescence classique, la flèche retour permet, à la racine des dossiers, de revenir sur la piste en lecture. Une autre pression (lors de l’écran de lecture donc) fait également revenir en racine des dossiers. La flèche de retour permet donc d’afficher le dernier niveau d’arborescence visité.

 

Enfin, le bouton M permet de naviguer dans les paramètres du baladeur, lesquels sont, il faut bien l’avouer, parfois étrange, très pauvres sur des fonctions comme l’égalisation, mais rempli de fonctions presque inutiles en pratique, comme le réglage de la phase en sortie.

 

Le menu système donne donc les réglages suivants :

 

  • Répétition : mode de répétition en lecture
  • Ecran : réglage luminosité ou extinction
  • Sélection des langues
  • Paramètre de sortie audio : réglage utile pour l’utilisation de la sortie coaxiale (baladeur servant alors d’upsampler)
  • Paramètre d’entrée audio (pas localisé au passage) : détermine la fonction du baladeur, lecteur, dac ou upsampler
  • Info système : version du firmware, mémoire restante et infos diverses.

 

L’interface est donc simple, plutôt au point même si infiniment simpliste. Le problème se pose en revanche sur sa rapidité. Car à chaque pression de bouton l’interface semble ne pas suivre, ou du moins montre une latence. Trois pressions rapides (par exemple) sur un même bouton, ne serait-ce que pour descendre de trois dossiers, échouent systématiquement, le baladeur ne gardant que 2 descentes ou moins, avec une latence frustrante à la longue. Non pas que ce problème était plus grave sur le HifiMAN, mais la disposition était tellement mauvaise que ce problème était presque secondaire.

 

 

Qualité sonore

 

 

 

Ce n’est pas tout mais il faut bien rentrer dans le vif du sujet.

 

Pour commencer, ce baladeur accepte les fichiers de type MP3, Wav, FLAC et APE, un format à perte, un natif du cd et 2 lossless donc. La meilleure gestion revient au Wav pouvant être lu jusqu’en 24bits/192Khz. Ce n’est pas un secret, mais je ne considère pas les formats HD utiles sur baladeurs, le gain qualitatif étant ridicule, du moins sur un tel device (le multicanal est autre chose).

 

Première surprise, la signature est de taille par rapport au hifiman, cela pour une simple raison, sa courbe de fréquence va bien jusqu’à 20Khz, là où le passe-bas en sortie de dac du concurrent taillait à la serpette, symbolisé par un manque d’extension. Le son est ainsi sensiblement plus clair, moins organique serait-on tenté de dire.

 

Le constat est ainsi amusant, ce modèle est plus révélateur de son caractère haut de gamme sur les casques « simples », un modèle à 100 euros met déjà en avant les très bonnes qualités du DAC et de l’amplification, là où le Hifiman devait attendre les déjà très bons modèles pour vraiment s’exprimer.

 

 

Les aigus sont ainsi plus présents, et si l’aération n’est pas forcément supérieure, le niveau de détails est au moins équivalent, supérieur même sur des pistes de type classique ou jazz. Pas de miracle néanmoins, les vrais bons dac sédentaire sont au-dessus. Le Colorfly est encore un peu sec, le passe bas n’étant visiblement pas parfait et étant ainsi parfois à la limite du sibilant. Ainsi ce lecteur pardonne un peu moins que le HiFiMAN les mauvais enregistrements.

 

La gestion des basses est heureusement excellente et en phase avec ce que l’on attend d’un lecteur audiophile. Ce point est d’ailleurs, en termes de précisions et de détails, la différence majeure (avec la spatialisation) entre un très bon baladeur et un baladeur véritablement audiophile. Nous sommes sur un pied d’égalité avec le déjà excellent HM801, excepté pour l’ampleur un peu moins importante, mais toujours bien au-dessus des autres modèles du genre HM601 ou HiSound Studio V.

 

Parlons spatialisation justement. Sans doute à cause des basses, ce modèle n’est pas aussi étendu sur les côtés que son concurrent, qui lui rivalisait déjà avec les bonnes configurations sédentaires, sans doute la présence d’un amplificateur encore plus abouti. En revanche, les deux font jeu égal en matière de profondeur, de détails et de séparation, mettent donc une longueur d’avance avec ce qui existe en baladeur.

 

Pour l’utilisation, j’ai toutefois une préférence pour le Colorfly avec les intras et intras moulés, et pour le HifiMAN avec les modèle de salon. L’extension des aigus permet vraiment aux transducteurs symétriques d’exprimer leur potentiel d’un côté, le côté plus organique du HiFiMAN restant plus appréciable en général. En terme de puissance nous sommes dans les mêmes eaux, petit avantage au HifiMAN mais les deux drivent la plupart des casques, même énergivore, sans réel problème. Pour rappel, le Colorfly dispose de 2 entrée : l’une en jack 3,5mm pour les faibles impédance / hautes sensibilités, une autre en 6,35mm sensiblement plus puissante, orientée pour les modèles de salon.

 

Bref, en lecteur pur, le Colorfly se permet de faire jeu égal avec son adversaire. Les différences sont là, mais pas de réel leader.

 

 

Fonction Dac

 

Pas de mode Usb malheureusement, exit donc la comparaison ce qui constituait la faiblesse audio du Hifiman, et au passage une fonction pourtant très pratique.
On retrouve ainsi la fonction DAC classique avec prise coaxiale, connectique disponible sur certaines cartes son, et largement préférable en termes de qualité. De ce côté pas de mauvaise surprise, la qualité est semblable à ce que procure la fonction lecture, parfaitement à même d’améliorer la qualité d’une platine moyenne ou du son d’un PC. Cette fonction s’active depuis les options, contrairement au petit interrupteur du Hifiman. Si les résultats face au coaxial du HifiMAN sont équivalents aux résultats en lecteurs, le coaxial du Colorfly est facilement devant l’USB du HifiMAN, sensiblement plus étriqué et moins précis en terme de son.

 

Autonomie

 

Pas une réelle déception tant on s’y attendait, mais tout comme le HiFiMAN, le Colorfly n’excède tout simplement pas les 8 heures, entre 5 et 8 heures suivant le format et le bitrate, voire encore moins avec un test sur du Wav 24 bits/192Khz.

 

 

 

Conclusion

 

Pas aussi populaire que le HiFiMAN HM801, le Colorfly C4 est pourtant un sérieux rival. Mieux fini, un peu plus ergonomique et aussi bon sur la partie sonore, malgré quelques différences. Reste, on pouvait s’y attendre, que ce modèle reste fidèle aux mauvaises habitudes du baladeur audiophile, interface poussive, fonctions réduites au strict minimum, et autonomie ridicule.

 



 

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